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Des opposants iraniens en exil accusent Téhéran d'attiser le conflit en Irak

La présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI, opposition en exil), Maryam Radjavi, a accusé samedi Téhéran d'attiser le conflit entre chiites et sunnites en Irak, pays déchiré par une offensive d'insurgés menée par des jihadistes.

"Le régime en place en Iran s'efforce, en attisant le confessionnalisme et en déclenchant un conflit entre chiites et sunnites, de détourner les grands bouleversements qui touchent l'Irak", a jugé Mme Radjavi lors d'un discours à Paris.

Elle s'exprimait au cours d'un rassemblement de dignitaires chiites et sunnites, de responsables politiques et de défenseurs des droits de l'homme venus du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord, d'Asie centrale et d'Europe.

"Le coeur du problème en Irak, c'est le soulèvement d'un peuple opprimé contre la répression, les massacres et l'occupation, dans le but de se libérer de la domination du régime iranien et de son gouvernement vassal à Bagdad. C'est un soulèvement qui a commencé pacifiquement en 2011, mais qui n'a reçu pour réponse que des balles, des tortures et des exécutions innombrables", a déploré la présidente du CNRI, dont les Moujahidine du peuple sont la principale composante.

"La guerre catastrophique des Etats-Unis en 2003 a offert l'Irak sur un plateau d'argent aux mollahs. Puis la répression sauvage des sunnites, la corruption profonde du gouvernement irakien, et surtout la domination de ce pays par les mollahs, ont entrainé l'émergence d'un immense soulèvement populaire", a-t-elle regretté.

Les insurgés sunnites menés par les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI), se sont emparés de larges pans du territoire irakien depuis le 9 juin, dont la deuxième ville du pays, Mossoul.

Ils bénéficient de l'appui d'une partie de la communauté sunnite, qui se juge marginalisée par le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite.

"Le gouvernement américain en Irak ne doit pas tomber dans le piège de la collaboration avec le régime iranien et fournir de l'aide au pouvoir qui lui est inféodé. C'est commettre une nouvelle grave erreur en Irak et cela ne mènera qu'à plonger ce pays dans la guerre civile", a jugé Mme Radjavi, appelant à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.

"Nous considérons les sunnites comme de chers frères et soeurs. Que ce soit en Iran ou en Irak, ils doivent bénéficier de droits politiques et sociaux égaux, comme le droit de participer à part égale au gouvernement", a insisté Mme Radjavi.

Créés en 1965 avec pour objectif de renverser le régime du chah, puis le régime islamique, les Moujahidine du peuple s'étaient installés en Irak pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), avec le soutien du régime de Saddam Hussein pour mener des actions armées contre l'Iran.

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