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Afghanistan: l'audit de la présidentielle suspendu quelques jours pour désaccords (commission)

L'audit de 8,1 millions de votes du second tour de la présidentielle afghane a été suspendu pour quelques jours en raison de désaccords entre les deux candidats sur la procédure, a annoncé le chef de la commission électorale indépendante (IEC) Ahmad Yusouf Nuristani samedi.

Le désaccord entre Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani porte principalement sur la procédure permettant de déclarer invalidé un vote qui serait jugé frauduleux.

"L'IEC a décidé de suspendre temporairement l'audit jusqu'au quatrième jour de l'Eid el Fitr (fin de la semaine prochaine, ndlr), et nous espérons que cela laissera suffisamment de temps aux candidats pour se mettre d'accord", a dit lors d'une conférence de presse M. Nuristani.

Samedi, la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama), qui s'est employée à rapprocher les deux camps, a toutefois annoncé dans un communiqué samedi que MM. Abdullah et Ghani soutenaient l'adoption par l'IEC d'une proposition onusienne pour l'adoption de critères d'invalidation des votes.

Les deux hommes "ont exprimé leur point vu commun selon lequel il était dans l'intérêt national de définir le cadre réglementaire de l'audit", affirme l'Unama dans son communiqué.

La vaste opération a débuté le 17 juillet, mais depuis cette date plusieurs suspensions ont perturbé le déroulement de l'audit.

"L'audit va très lentement, les représentants des candidats ont quitté les lieux pour la troisième fois depuis une dizaine de jours en raison de points de vue différents", a remarqué M. Nuristani samedi.

L'opération, organisée au siège de l'IEC à Kaboul, doit départager les deux candidats, qui se sont accusés mutuellement d'avoir bénéficié de fraude lors du deuxième tour de la présidentielle le 14 juin.

Début juillet, l'IEC avait publié des résultats préliminaires plaçant M. Ghani en tête avec 1 million de voix d'avance, ce que M. Abdullah a rejeté catégoriquement, créant des tensions inquiétantes entre les partisans des deux camps.

Il y a deux semaines, les deux candidats s'étaient finalement mis d'accord, sous le patronage du secrétaire d'Etat américain John Kerry venu jouer les intermédiaires, sur cet audit inédit afin de tenter d'éliminer du scrutin les votes frauduleux.

Au total, l'audit devait durer au moins trois semaines. Mais avec le retard accumulé, il prendra davantage de temps. Initialement, l'investiture du nouveau président devait avoir lieu le 2 août.

L'accord obtenu prévoyait l'audit des quelque 23.000 urnes du deuxième tour, sous le regard d'observateurs nationaux et internationaux. Mais vendredi, 1.361 urnes seulement avaient été auditées.

Samedi, 67% des urnes avaient été acheminées au siège de l'IEC à Kaboul, par l'armée afghane, assistée de l'Isaf, selon M. Nuristani.

L'examen du processus électoral est jugé crucial pour sauver la crédibilité du scrutin présidentiel, établir la légitimité du futur président afghan et assurer la stabilité du pays à l'approche du retrait des forces de l'Otan.

Mais l'opération se déroulait dans un contexte de violences renouvelées en Afghanistan, avec des attaques contre les civils et les forces de l'ordre quasi-quotidiennes.

Parallèlement, face à autre désaccord potentiel entre MM. Abdullah et Ghani, le président américain Barack Obama a pris son téléphone vendredi pour les encourager "à soutenir publiquement le cadre politique sur lequel ils s'étaient mis d'accord", selon un communiqué de la Maison Blanche, c'est-à-dire, un gouvernement d'unité nationale quel que soit le vainqueur.

emp-us/ros

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