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Syrie/droits de l'homme: l'Etat islamique mérite d'être sur la liste noire de l'ONU (Pinheiro)

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI), responsables d'exactions en Syrie, "sont de bons candidats pour figurer sur la liste" noire de la Commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'homme dans le pays, a estimé vendredi son président.

Selon l'expert brésilien Paulo Pinheiro, qui préside la Commission, dans le cas de l'EI, il sera plus facile que pour d'autres groupes d'opposition plus morcelés d'établir les responsabilités exactes car il dispose "d'une chaîne de commandement solide".

La liste noire confidentielle, en fait quatre listes au total, comprend les noms de commandants militaires gouvernementaux et de groupes armés d'opposition, ainsi que ceux d'aéroports d'où sont partis des avions allant bombarder des civils, a-t-il indiqué.

Il n'a pas voulu préciser l'identité ni même le nombre des individus, entités et groupes figurant sur la liste. Ceux-ci sont soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et recensés en vue d'éventuelles poursuites. La liste, mise à jour régulièrement, est dressée et gardée jalousement par l'ONU.

M. Pinheiro et Karen Konig Abuzayd, membre de la Commission, se sont adressés vendredi aux ambassadeurs de pays membres du Conseil de sécurité, réunis en session informelle au siège de l'ONU.

Pour l'instant la Cour pénale internationale (CPI) n'est pas saisie de la situation en Syrie faute de consensus au Conseil. L'autre solution serait de créer un tribunal spécial, comme pour le Cambodge ou la Sierra Leone.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant, qui a organisé cette rencontre informelle, a déploré le veto mis par la Russie et la Chine en mai à une tentative de saisine de la CPI par le Conseil. Il a estimé que le régime syrien était responsable de "l'écrasante majorité" des exactions commises dans le pays.

Enumérant les "catégories" figurant sur la liste noire, M. Pinheiro a cité des tortionnaires et preneurs d'otages, des chefs de services de renseignement ou de centres de détention où des détenus sont torturés, et "des commandants militaires qui ciblent les civils".

Figurent aussi sur la liste des "aéroports à partir desquels sont menés des bombardements aériens" et des "groupes armés et individus qui attaquent des civils et les déplacent de force".

"Nous rassemblons des informations sur les responsables de tous les côtés, y compris les groupes armés non étatiques et l'Etat islamique", a-t-il souligné. "Je n'établis pas de palmarès, les deux camps font des choses horribles et continueront si on ne les force pas à rendre des comptes".

M. Pinheiro a aussi estimé que l'Etat islamique "attirait désormais davantage de Syriens" dans ses rangs, notamment des transfuges venant d'autres groupes rebelles.

La Commission estime qu'au total, les divers groupes rebelles comptent entre 10.000 et 15.000 combattants étrangers, dont des Britanniques, des Belges et des Français.

Mise en place par l'ONU en septembre 2011, la commission est chargée d'enquêter sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans le cadre du conflit syrien, qui dure depuis plus de trois ans.

Faute de pouvoir se rendre en Syrie, elle s'appuie sur des témoignages, photos satellite, documents et informations recueillies auprès de diverses organisations. Elle a accusé à plusieurs reprises le régime de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, et les groupes rebelles de crimes de guerre.

avz/bdx

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