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L'Ukraine sombre dans la crise politique, l'enquête sur le crash du MH17 piétine

L'Ukraine a sombré vendredi dans la crise politique après la démission surprise de son Premier ministre, tandis que les combats ont fait une trentaine de morts dans l'Est rebelle et que l'enquête sur le crash du Boeing de la Malaysia Airlines piétine.

Le président Petro Porochenko a dit espérer que "le sens des responsabilités" l'emporterait et que le gouvernement continuerait de travailler. Aucun vote sur le sort du Premier ministre Arseni Iatseniouk n'a eu lieu vendredi au Parlement, qui doit entériner sa démission surprise de jeudi, dans le sillage de la dissolution de la coalition gouvernementale au Parlement en vue de législatives anticipées.

Que la démission soit entérinée ou non, cette situation brouille l'image des autorités ukrainiennes, qui doivent gérer, outre la guerre, une situation économique désastreuse et les suites du crash de l'avion malaisien abattu par un missile en zone rebelle avec 298 personnes à bord.

L'enquête et la récupération des corps sont compliquées par le fait que le crash s'est produit dans une zone sous contrôle des séparatistes prorusses, montrés du doigt comme responsables de la tragédie.

Des accords sur l'envoi d'une mission policière internationale ont été conclus entre Kiev, les Pays-Bas et l'Australie, qui ont perdu respectivement 193 et 28 de leurs ressortissants, afin de garantir la sécurité des experts internationaux sur place. Ces accords doivent être ratifiés la semaine prochaine par le Parlement ukrainien mais on ignore la réaction des insurgés face à un tel déploiement d'hommes armés.

Selon Michael Bociurkiw, porte-parole de la délégation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), les rebelles "ont expliqué qu'ils accepteraient entre 25 et 35 personnes étrangères sur le site".

Des corps ou fragments de corps restent encore sur le lieu de l'accident de l'avion.

Les chefs des diplomaties néerlandaise Frans Timmermans et australienne Julie Bishop ont assisté vendredi à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine à une cérémonie de départ de nouvelles dépouilles vers les Pays-Bas, a constaté un journaliste de l'AFP.

180 cercueils sur 227 ont été acheminés aux Pays-Bas et les derniers le seront samedi.

Dans ce contexte tendu, la Commission européenne a annoncé que l'Union européenne était prête à prendre dès la semaine prochaine des sanctions économiques contre la Russie pour son implication dans la crise en Ukraine.

Son président, José Manuel Barroso, a confirmé vendredi soir que la Commission avait "adopté les propositions législatives sur ces mesures". "La décision finale revient maintenant aux Etats membres de l'UE", a-t-il ajouté.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes ont repris aux séparatistes Lyssytchansk, une ville de 105.000 habitants. Des combats meurtriers se poursuivent à Donetsk et Lougansk, deux capitales régionales qui sont les bastions des insurgés.

Près de 100.000 personnes ont été déplacées en Ukraine, un chiffre qui a doublé en moins d'un mois, et 130.000 autres ont préféré fuir vers la Russie, selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

Quatorze personnes ont été tuées dans les combats au cours des dernières 24 heures à Donetsk et deux personnes ont trouvé la mort à Lougansk, selon les autorités locales. L'armée ukrainienne a annoncé avoir perdu 13 militaires.

Les hostilités ont fait plus de 1.000 morts dans l'Est, dont les 298 passagers de l'avion malaisien.

A Kiev, la scission au sein de l'équipe dirigeante pro-occidentale, divisée sur la nécessité de législatives anticipées, tombe mal.

"On ne peut pas faire comme ça en temps de guerre", résume le politologue indépendant ukrainien Volodymyr Fessenko, ajoutant que "toute fissure dans l'unité du pouvoir sera utilisée par la Russie".

Le parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko, dont M. Iatseniouk est membre, a dénoncé vendredi "l'ouverture d'un deuxième front" à l'intérieur du pays.

"Entre la paix et le chaos, l'Ukraine choisit malheureusement le chaos politique", accuse Batkivchtchina.

Sur le plan économique, la situation n'est pas non plus brillante. La directrice générale du FMI Christine Lagarde a appelé vendredi les autorités de Kiev à mettre en oeuvre les réformes exigées par le Fonds.

Fin avril, le FMI avait approuvé une ligne de crédit de 17 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine et a donné mi-juillet son pré-accord pour le versement d'une tranche de 1,4 milliard, à condition que les autorités continuent à adopter les réformes économiques exigées par le Fonds.

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