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La croissance du Royaume-Uni reste vigoureuse à un an des élections

La croissance du Royaume-Uni s'est maintenue au rythme vigoureux de 0,8% au deuxième trimestre et permis à l'économie d'enfin retrouver son niveau d'avant la crise financière, au grand bonheur du gouvernement conservateur à moins d'un an des élections.

L'économie britannique avait déjà crû à cette vitesse au premier trimestre par rapport au précédent et ce dynamisme a poussé, jeudi, le Fonds monétaire international (FMI) à relever une fois encore sa prévision de croissance pour le pays, attendue désormais à 3,2% en 2014 et 2,7% en 2015.

Tout un symbole, le produit intérieur brut (PIB) a dépassé le pic atteint au début 2008, avant la crise financière internationale qui avait plongé le Royaume-Uni dans une grave récession, a précisé l'Office des statistiques nationales (ONS) dans une première estimation de croissance publiée vendredi.

Particulièrement exposée aux vicissitudes de la finance internationale, active dans la City de Londres, l'économie britannique avait plongé de plus de 7% en un an et demi, avant de se reprendre cahin-caha et d'accélérer à partir de l'année dernière.

Ce dépassement du niveau d'avant la crise a été immédiatement brandi par le gouvernement conservateur de David Cameron comme une réussite de sa politique d'austérité budgétaire, à moins d'un an d'élections législatives qui s'annoncent serrées face aux travaillistes.

"Grâce au dur labeur du peuple britannique, nous avons atteint aujourd'hui une étape importante de notre plan économique à long terme", a souligné le chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances) George Osborne.

"Mais il y a encore un long chemin à parcourir - la Grande Récession fut l'une des plus profondes jamais connue par une économie majeure et a coûté six ans au Royaume-Uni", a ajouté M. Osborne dans un communiqué, promettant "aux contribuables qui travaillent dur de ne pas reproduire les erreurs du passé".

M. Osborne désigne ainsi les travaillistes, aux commandes avec Tony Blair puis Gordon Brown pendant les années d'avant crise et au moment de son retentissement.

Ed Balls, chancelier de l'Échiquier au sein du cabinet fantôme des travaillistes, a toutefois objecté que les États-Unis avaient retrouvé leur niveau d'avant la crise il y a déjà trois ans.

"Le PIB par tête ne devrait pas se reprendre pendant les trois années à venir, la plupart des gens voient leur niveau de vie se dégrader, ce n'est pas le moment de crier victoire en prétendant que l'économie est de nouveau sur les rails", a-t-il souligné.

La reprise britannique a en effet été longue à se dessiner: jamais au 20e siècle son économie n'a mis plus de quatre ans pour retrouver son niveau d'avant une récession.

"L'économie du Royaume-Uni n'est pas aussi vigoureuse qu'elle en a l'air. Même si elle dépasse son niveau d'avant crise en terme absolu, la population est plus nombreuse, aussi le PIB par habitant a-t-il diminué de 6%" depuis 2008, note Ben Brettell, économiste chez Hargreaves Lansdown.

"Il y a certes des créations d'emploi, mais la productivité pose problème, ce qui explique pourquoi les salaires ne progressent pas vraiment", a-t-il ajouté.

L'amélioration constatée sur le front du chômage provient en bonne partie de créations d'emplois peu qualifiés et peu rémunérateurs dans les services - le secteur qui tire la croissance presque à lui tout seul.

"Les travailleurs gagnent en moyenne 40 livres de moins par semaine qu'en 2008" (l'équivalent de 215 euros de moins par mois), a dénoncé Frances O'Grady, secrétaire générale du Trade Union Congress (TUC) qui regroupe les principaux syndicats britanniques.

La faible croissance des salaires (+0,3% en mai sur un an d'après les dernières statistiques, alors que l'inflation était à 1,5%) constitue le principal obstacle au relèvement du taux d'intérêt de la Banque d'Angleterre - un geste attendu comme preuve du retour du Royaume-Uni sur le chemin de la reprise.

pn/jmi/ros

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