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GB: 2.000 ans d'Histoire des communautés noires mis en lumière

Le premier centre d'archives consacré au patrimoine et à la culture des Noirs au Royaume-Uni s'est ouvert à Londres, dans le but de mettre en lumière une histoire longtemps ignorée.

Agendas, journaux, photographies et objets datant de presque 2.000 ans sont regroupés au Black Cultural Archives de Brixton, quartier afro-caribéen de Londres qui a été le théâtre d'émeutes raciales pendant les années Thatcher.

Un aboutissement pour les initiateurs du projet, qui après trois décennies de campagne et de récolte de fonds, souhaitent rappeler au public l'importance de la communauté noire dans l'histoire du Royaume-Uni.

Recueillir, préserver et célébrer l'histoire des personnes d'origine africaine dans le Royaume-Uni est d'"une importance cruciale" pour l'identité de cette communauté minoritaire -la deuxième plus importante derrière les Sud-Asiatiques en Angleterre et au Pays de Galles-, explique à l'AFP le directeur du centre, Paul Reid.

Une minorité qui représente 3,3% de la population, selon le dernier recensement effectué en 2011.

"Souvent, l'Histoire du Royaume-Uni est réduite à la période de l'Empire, celle des grands et riches propriétaires blancs. Cela tend à minimiser le rôle dans l'histoire des femmes, des travailleurs, des minorités, ou de penser qu'elle n'est pas importante", commente Hakim Adi, maître de conférence sur l'histoire de l'Afrique et de la diaspora africaine à l'Université de Chichester (sud de l'Angleterre).

Pourtant, les Noirs d'Afrique et des Caraïbes n'ont pas été que des esclaves. Ils ont aussi été soldats, marins, hommes d'affaires à succès ou encore infirmiers, comme le fut Mary Seacole, à l'affiche de l'exposition "Femmes de Grande-Bretagne" du Black Cultural Archives, ouverte jusqu'au 30 novembre prochain.

Cette Britannique noire a rejoint le front de la guerre de Crimée pour soigner les blessés, bravant l'interdiction de l'administration britannique, qui avait refusé qu'elle s'y engage, en 1854.

Mais l'Histoire des Noirs britanniques a commencé bien plus tôt, expliquent les chercheurs. L'empereur romain d'origine africaine, Septime Sévère s'est par exemple retiré dans la province de Bretagne en 208, avant de décéder à York dans le nord de l'Angleterre, en 211.

Les recherches sur l'Histoire des Noirs se sont traditionnellement focalisées sur le continent américain, les Caraïbes et l'Afrique.

"Nous, peuples noirs, avons complètement sous-estimé la présence des Africains au Royaume-Uni", déclare le directeur du centre, barbe grisonnante et dreadlocks attachées derrière la tête.

"Nous pensons que l'Histoire n'est pas celle de quelqu'un ou d'un groupe en particulier, mais que c'est bien celle de l'humanité toute entière. L'Histoire devrait montrer le monde tel qu'il est et tel qu'il a été", explique Hakim Adi, espérant que ce nouveau centre d'archives permettra de promouvoir des recherches sur d'autres communautés en Grande-Bretagne.

A côté de l'exposition temporaire "Les femmes noires en Grande-Bretagne", le centre d'archives propose des outils pédagogiques pour les écoles.

A terme, Paul Reid et son équipe espèrent que leur projet persuadera les différentes communautés britanniques de développer des moyens pour préserver leur propre histoire et de la transmettre aux générations futures.

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