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25/07/2014 08:50 EDT | Actualisé 25/07/2014 08:51 EDT

Gaza: les efforts de trêve se poursuivent

ASSOCIATED PRESS
U.S. Secretary of State John Kerry meets with U.N. Secretary-General Ban Ki-moon in Jerusalem, Wednesday, July 23, 2014. Kerry is meeting with Ban, Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, and Palestinian Authority President Mahmoud Abbas as efforts for a cease-fire between Hamas and Israel continues. (AP Photo/Pool)

GAZA - Les efforts se poursuivent pour obtenir une trêve dans la bande de Gaza vendredi, 18e jour de l'offensive israélienne contre le Hamas causant la mort de plus de 800 Palestiniens dans un conflit qui menace désormais d'embraser la Cisjordanie.

«Je dis aux parties, aux Israéliens comme au Hamas et aux Palestiniens, qu'il est moralement condamnable de tuer son propre peuple. Maintenant il est temps de s'asseoir autour d'une table au lieu de se tuer», a déclaré jeudi soir le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Selon les médias israéliens, le cabinet de sécurité israélien devait se réunir à 15h locales pour étudier une proposition de cessez-le-feu transmise par le secrétaire d'État américain John Kerry qui rencontrait vendredi au Caire le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et son homologue égyptien Sameh Choukry.

«Ce qui se dessine serait une trêve humanitaire de sept jours pour permettre à toutes les parties de venir discuter au Caire», a expliqué à l'AFP un proche du président palestinien Mahmoud Abbas. «Mais en cas de trêve humanitaire, il y aura des négociations sérieuses», assure un diplomate occidental, sous couvert d'anonymat.

Mais un autre met en garde contre tout optimisme prématuré: «Les Israéliens ne veulent pas qu'on leur impose une quelconque condition, le Hamas, échaudé par des expériences précédentes, a le sentiment qu'il lui en faut».

Le Hamas affirme viser l'aéroport

Le mouvement islamiste palestinien pose comme condition à une trêve la levée du blocus qui asphyxie depuis 2006 la bande de Gaza où le quotidien d'une grande partie des 1,8 million d'habitants dépend largement de l'aide humanitaire.

Une exigence répétée dans un entretien à la BBC par le chef du Hamas Khaled Mechaal, en exil au Qatar où s'est rendu le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, autre allié du Hamas, pour «participer aux efforts» en vue d'un cessez-le-feu, selon un responsable turc.

Et le Hamas entend démontrer que ses moyens militaires ne sont pas annihilés: il a revendiqué vendredi le tir de trois roquettes à longue portée vers l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv où le trafic international reste perturbé par la suspension de certains vols consécutive à la chute à proximité d'une roquette mardi. Cette suspension des vols avait été saluée comme «une grande victoire» par le Hamas. Certaines compagnies, comme Air France et la Lufthansa, n'ont pas repris leurs rotations.

Confrontés aux critiques croissantes à mesure que le tribut payé par les civils palestiniens s'alourdit, les responsables israéliens affichent leur détermination: ils veulent réduire à néant la puissance de feu du Hamas et de son allié du Jihad islamique, objectif prioritaire de l'opération «Bordure protectrice» lancée le 8 juillet.

Plus de 820 Palestiniens ont été tués et 5273 blessés, selon le dernier bilan des secours palestiniens et la nuit a encore apporté son lot de destructions et de morts avec des raids dans tout le territoire.

De son côté, avec 32 morts, l'armée israélienne, subit ses pertes les plus lourdes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Deux civils israéliens et un ouvrier agricole thaïlandais ont été tués par des roquettes.

L'armée a annoncé avoir frappé depuis le début des hostilités à Gaza près de 2500 objectifs, rampes de lancements de roquettes, centres de commandement ou ateliers de fabrication d'armes et tunnels destinés à lancer des attaques au coeur d'Israël.

Mais sont aussi ciblés ceux qu'elles considèrent comme les cadres combattants, comme ce cadre local du Jihad islamique tué vendredi matin dans une frappe près de Rafah (sud).

Ces attaques sont survenues au lendemain de l'une des journées les plus sanglantes, avec près de 100 morts, depuis le déclenchement de la campagne militaire israélienne qui a poussé 110 000 Gazaouis à fuir leur domicile pour se réfugier dans des bâtiments de l'ONU.

Tension en Cisjordanie

C'est dans l'un de ces abris, une école de l'Agence pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), située à Beit Hanoun (nord de la bande de Gaza), que s'est déroulé jeudi un nouveau drame. Selon les secours locaux, une quinzaine de Palestiniens ont été tués par un obus israélien.

L'armée israélienne a promis une enquête et de nouveau accusé le Hamas de se servir des civils comme de «boucliers humains», en dissimulant ses armes dans des lieux de vie, écoles, mosquées, hôpitaux. Pour le patron de l'UNWRA, Peter Krahenbühl, «cette tragédie illustre une nouvelle fois que personne n'est en sécurité à Gaza».

À Paris, un avocat français, Gilles Devers, a annoncé avoir déposé plainte à la Cour pénale internationale (CPI) au nom du ministre palestinien de la Justice, pour «crimes de guerre» dans les opérations israéliennes à Gaza.

Le conflit menace désormais d'embraser la Cisjordanie où un Palestinien de 25 ans a été tué jeudi soir dans de violents affrontements à Qalandia, au nord de Jérusalem, lors de scènes rappelant les deux intifadas (1987-1991 et 2000-2005).

En ce dernier vendredi de Ramadan, les mouvements palestiniens ont appelé à «un jour de colère» avec des manifestations à haut risque en Cisjordanie occupée, où quatre Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens ces derniers jours.

Des heurts se sont également produits à Jérusalem-Est annexé, notamment dans la Vieille ville, où d'importantes forces de police avaient été déployées pour «Laïlat al-Qadr» (la Nuit du Destin), l'une des dates importantes du mois de Ramadan qui s'achève la semaine prochaine. La police a interpellé 40 manifestants.

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