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Gaza: à défaut de trêve durable, Kerry décroche un cessez-le-feu de 12 heures

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a obtenu un cessez-le-feu de 12 heures samedi dans la bande de Gaza, à défaut d'arracher une trêve durable des combats entre Israël et le Hamas.

Un responsable du mouvement islamiste palestinien a d'abord annoncé dans la nuit à l'AFP avoir accepté de respecter cette pause à partir de 08H00 locales (05H00 GMT), après 18 jours d'un conflit qui a fait quelque 900 morts depuis le 8 juillet.

Un peu plus tard, l'armée israélienne a confirmé qu'elle observerait cette trêve, tout en prévenant qu'elle riposterait en cas d'attaques contre ses soldats ou des civils israéliens.

Cette promesse de répit, énorme pour la population de Gaza, est arrivée alors que le pessimisme semblait l'emporter: le cabinet de sécurité israélien avait auparavant rejeté "à l'unanimité" le projet transmis par John Kerry, selon les médias israéliens.

Cités par les radios publique et militaire israéliennes, plusieurs hauts responsables en jugent les termes trop favorables au Hamas.

Pour le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri, les belligérants n'ont "pas fait preuve d'une volonté suffisante pour négocier" et décrocher un accord.

Mais à ses côtés John Kerry, qui poursuivra ses efforts diplomatiques samedi à Paris, s'est montré moins négatif, assurant que "le cadre fondamental" d'un cessez-le-feu durable avait été fixé et évoquant des points de "terminologie" à régler.

"Ce qui se dessine serait une trêve humanitaire de sept jours pour permettre à toutes les parties de venir discuter au Caire", avait auparavant expliqué à l'AFP un proche du président palestinien Mahmoud Abbas.

Une fois obtenu le silence des canons, restera à s'attaquer aux questions de fond et aux divergences profondes entre belligérants.

Israël a fixé pour mission à son armée qui s'est déployée sur le sol de la bande de Gaza le 17 juillet, de détruire l'arsenal du Hamas et de son allié le Jihad islamique, notamment les roquettes qui ont fauché deux Israéliens et un ouvrier agricole thaïlandais.

Autre priorité de l'opération "Bordure protectrice": les "tunnels d'attaque" utilisés par le Hamas pour mener des attaques au coeur de l'Etat hébreu. Sur ce second point, l'armée a prévenu qu'elle poursuivrait ses opérations durant la trêve de samedi.

Signe de cette détermination affichée, le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a même appelé vendredi ses soldats à se tenir prêts à "un élargissement significatif des opérations terrestres à Gaza".

Mais le Hamas, qui avait rejeté la semaine dernière une mouture d'accord élaborée par l'Egypte, a aussi ses exigences, la principale étant un engagement d'Israël à lever le blocus qui asphyxie depuis 2006 l'économie de ce minuscule territoire de 362 km2.

En attendant un cessez-le-feu et de très incertaines négociations, les combats se sont poursuivis vendredi du nord au sud de Gaza, où, selon un bilan des secours locaux tôt samedi matin, 871 Palestiniens ont été tués et 5.730 autres blessés en 18 jours d'opérations. Six morts dans des frappes israéliennes ont encore été comptabilisées entre minuit et 03H00 locales.

De son côté, même si Israël assure avoir tué 240 de ses combattants et frappe inlassablement ses infrastructures, le Hamas s'emploie à démontrer que ses moyens militaires n'ont pas été annihilés: des roquettes, qui ont tué trois civils depuis le 8 juillet, continuent de viser Israël.

Le Hamas a également affirmé avoir tiré vendredi matin trois roquettes de longue portée vers l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, sans toutefois obtenir de nouvelle décision de suspension de vols comme après un tir mardi.

L'armée israélienne a par ailleurs annoncé le décès vendredi de deux soldats et confirmé celui du soldat Oron Shaul, dont le Hamas avait revendiqué l'enlèvement.

Avec 35 morts au combat, il s'agit de ses pertes les plus lourdes depuis la guerre en 2006 contre le Hezbollah libanais, dont le chef, Hassan Nasrallah, ennemi juré d'Israël, a appelé vendredi Arabes et musulmans à armer la "Résistance" palestinienne à Gaza.

Et le conflit à Gaza, le quatrième depuis que l'armée israélienne s'est retirée de ce territoire en 2005, a des conséquences sur la Cisjordanie occupée, théâtre de violents affrontements à Hébron, Naplouse, Bethléem ou encore Jérusalem-Est, rappelant des scènes des deux intifadas.

Au terme d'un "jour de colère", les affrontements se poursuivaient dans la nuit, deux Palestiniens de 16 et 18 ans étant tués dans la nuit lors d'affrontements avec l'armée israélienne. En 24 heures, ce sont une dizaine de Palestiniens de Cisjordanie qui ont perdu la vie.

Israël doit aussi faire face aux critiques sur le tribut payé par les civils palestiniens, notamment les plus jeunes. L'Unicef a fait état vendredi d'un bilan d'"au moins 192 enfants" tués dans la bande de Gaza.

Au lendemain du drame dans son école de Beit Hanoun (nord), où selon les secours palestiniens une quinzaine de réfugiés ont été tués par un obus israélien, l'Agence pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a de nouveau lancé un signal d'alarme sur la situation humanitaire.

"Le nombre de personnes déplacées à Gaza est désormais le triple du pic du conflit de 2008/9", selon l'UNWRA, dont le porte-parole Chris Gunness a précisé que plus de 160.000 réfugiés étaient hébergés dans 83 refuges, ce qui représente près de 10% de la population.

Si elle a promis d'enquêter sur Beit Hanoun, comme le réclament l'ONU et l'Union européenne, l'armée israélienne a de nouveau accusé le Hamas de se servir des civils comme de "boucliers humains", en dissimulant ses armes dans des écoles, mosquées et hôpitaux.

Elle a d'ailleurs affirmé qu'un des soldats tués vendredi l'avait été depuis une "structure située près d'une école de l'ONU".

bur-ng/glr

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