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Gaza : échec à conclure une trêve durable, Kerry laisse la porte ouverte

Les espoirs de parvenir rapidement à une trêve durable entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza ont été déçus, les tractations diplomatiques accouchant d'un échec confirmé vendredi soir par John Kerry qui a toutefois laissé la porte ouverte à un accord.

Un responsable américain accompagnant le secrétaire d'Etat a affirmé qu'Israël avait accepté un cessez-le-feu de 12 heures à partir de samedi matin. Cela n'a pas été confirmé de source officielle israélienne. Les combats se poursuivaient dans la nuit.

De son coté le Hamas a accepté un cessez-le-feu de 12 heures à partir de samedi matin, selon des responsables palestiniens.

S'exprimant au Caire, John Kerry a assuré que "le cadre fondamental" d'un cessez-le-feu avait été fixé mais a évoqué des difficultés de "terminologie". Il se rendra samedi à Paris où il rencontrera notamment ses homologues de Turquie et du Qatar, deux soutiens du Hamas.

Pour le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, les belligérants n'ont "pas fait preuve d'une volonté suffisante pour négocier" et mettre un terme à des combats qui fait quelque 900 morts depuis le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice" le 8 juillet.

L'annonce de l'échec est venue en début de soirée d'Israël où, selon la chaîne de télévision publique, le cabinet de sécurité israélien a rejeté "à l'unanimité" la proposition transmise par John Kerry.

Selon plusieurs hauts responsables cités par les radios publique et militaire israéliennes, Israël juge les propositions trop favorables au Hamas. Israël exclut tout retrait de ses soldats de la bande de Gaza pendant une trêve durant laquelle des négociations seraient censées s'ouvrir.

Ils y sont déployés au sol depuis le 17 juillet avec comme mission de détruire les "tunnels d'attaque" et l'arsenal du mouvement islamiste palestinien Hamas et de son allié du Jijad islamique, notamment les roquettes tirées sur la population israélienne. L'armée estime en avoir détruit 30 à 40% du stock.

Le ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon, a même appelé vendredi ses soldats à se tenir prêts à "un élargissement significatif des opérations terrestres à Gaza", selon un communiqué officiel.

Sur sa page Facebook, un dirigeant du Hamas, Izzat al-Rishq, a seulement indiqué que son mouvement "étudiait une trêve humanitaire de sept jours". Le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, avait rejeté la semaine passée une première mouture d'accord préparée par l'Egypte.

En exil à Doha, son chef, Khaled Mechaal a réitéré à plusieurs reprises la condition principale de son mouvement: un engagement à lever le blocus qui asphyxie depuis 2006 l'économie de l'enclave palestinienne.

"Ce qui se dessine, serait une trêve humanitaire de sept jours pour permettre à toutes les parties de venir discuter au Caire", avait déjà auparavant expliqué à l'AFP un proche du président palestinien Mahmoud Abbas.

En attendant un hypothétique cessez-le-feu, les combats se sont poursuivis vendredi du nord au sud de Gaza, où, selon un bilan des secours locaux fournis vendredi soir, 866 Palestiniens ont été tués et 5.730 autres blessés en 18 jours d'opérations.

Alors que ses infrastructures sont touchées par les incessantes frappes israéliennes et qu'Israël assure avoir tué 240 combattants, le Hamas entend démontrer que ses moyens militaires ne sont pas annihilés: des roquettes, qui ont tué trois civils depuis le 8 juillet, continuent de viser Israël. Soixante ont encore atteint Israël vendredi et quinze ont été interceptées par le système anti-missiles Iron Dome selon l'armée.

Le Hamas a affirmé avoir tiré vendredi matin trois roquettes de longue portée vers l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, ce qui n'a pas empêché Air France et Lufthansa à emboiter le pas aux autres grandes compagnies internationales en annonçant une reprise rapide des rotations interrompues après la chute d'une roquette mardi.

L'armée israélienne a par ailleurs annoncé le décès vendredi de deux soldats et a confirmé celui du soldat Oron Shaul, dont le Hamas avait revendiqué l'enlèvement.

Avec 35 morts au combat, il s'agit de ses pertes les plus lourdes depuis la guerre en 2006 contre le Hezbollah libanais, dont le chef, Hassan Nasrallah, ennemi juré d'Israël, a appelé vendredi Arabes et musulmans à armer la "Résistance" palestinienne à Gaza.

Israël fait en outre face à des critiques croissantes à mesure que s'alourdit le tribut payé par les civils palestiniens, notamment par les plus jeunes. L'Unicef a fait état vendredi d'un bilan d'"au moins 192 enfants" tués dans la bande de Gaza.

Au lendemain du drame dans son école de Beit Hanoun (nord), où, selon les secours palestiniens, une quinzaine de réfugiés ont été tués par un obus israélien, l'Agence pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a de nouveau lancé un signal d'alarme sur la situation humanitaire dans ce territoire déshérité.

"Le nombre de personnes déplacées à Gaza est désormais le triple du pic du conflit de 2008/9", selon l'UNWRA, dont le porte-parole Chris Gunness a précisé que plus de 160.000 réfugiés étaient hébergés dans 83 refuges, ce qui représente près de 10% de la population.

Si elle a promis d'enquêter sur Beit Hanoun, comme le réclament l'ONU et l'Union européenne, l'armée israélienne a de nouveau accusé le Hamas de se servir des civils comme de "boucliers humains", en dissimulant ses armes dans des écoles, mosquées, hôpitaux.

Elle a affirmé qu'un des soldats tués vendredi l'avait été depuis une "structure située près d'une école de l'ONU".

La Cisjordanie occupée menace à son tour de basculer dans la violence avec des affrontements violents près de Hébron, à Naplouse ou encore à Jérusalem-Est annexé, qui ont coûté la vie à six Palestiniens tués par balles dans ces territoires.

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