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Avion d'Air Algérie: les pilotes de Swiftair "étaient très expérimentés"

La compagnie aérienne espagnole de leasing Swiftair employait sur le vol d'Air Algérie, qui s'est écrasé jeudi dans le nord du Mali, deux pilotes "très expérimentés", sous contrat à durée déterminée, qui avaient déjà fait cinq fois le trajet Ouagadougou-Alger sur cet avion.

Compagnie privée fondée en 1986, Swiftair est spécialisée dans le "leasing", louant ses appareils pour des vols de fret et, depuis 2002, des vols de passagers en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, selon les informations fournies sur son site.

La compagnie compte 400 employés avec une flotte de plus de 30 avions, dont des Boeing 727 et 737, MD83, ATR72/42, Embraer 120 et Metroliner. C'est l'un de ses McDonnell Douglas MD83 exploité par Air Algérie, à destination d'Alger, qui s'est écrasé jeudi, 50 minutes après avoir décollé de Ouagadougou.

Dans ce cas, Swiftair fonctionnait sous le régime de "wet lease", ayant fourni à la compagnie algérienne l'appareil ainsi que l'équipage. Une "pratique habituelle" lorsque les compagnies régulières voient la demande de passagers excéder leurs capacités, souligne Agustin Guzman, responsable du syndicat espagnol de pilotes Sepla.

S'il ignore la durée du contrat signé avec Air Algérie, le Sepla indique que Swiftair "avait un avion détaché en Algérie, qui réalisait habituellement ce type de trajet".

Les deux pilotes, dont Swiftair n'a pas révélé l'identité, "étaient très expérimentés et avaient une grande expérience dans ce type spécifique d'avion", souligne Agustin Guzman. Tous deux "venaient de Spanair", la compagnie espagnole tristement célèbre pour l'accident au départ de Madrid, qui avait fait 154 morts en août 2008 et a depuis fait faillite.

Selon les médias, qui publient leurs photos, le co-pilote était une femme, Isabel Gost, au côté du commandant de bord, Agustin Comeron, tous deux habitant sur l'île de Majorque, aux Baléares.

Ils avaient été recrutés par Swiftair, par l'intermédiaire d'une agence de travail temporaire spécialisée. Ce type de contrat est d'ordinaire établi "pour une durée limitée pour réaliser un travail spécifique", explique Agustin Guzman, ajoutant ignorer pour combien de temps l'équipage avait été embauché.

Selon le ministre algérien des Transports, "cet avion avait déjà fait cinq fois ce même vol avec le même équipage".

"Swiftair a un certificat de transporteur aérien espagnol et reste donc soumise aux normes espagnoles et européennes", au même titre que les autres compagnies, même lorsqu'elle vole hors d'Espagne, remarque Agustin Guzman, soulignant que la compagnie, méconnue du grand public, "n'a pas mauvaise réputation" dans la profession.

L'avion accidenté avait passé en janvier 2014, avec succès, sa révision annuelle, selon le gouvernement espagnol. Mardi, il avait été examiné à Marseille, en France, par la Direction générale de l'aviation civile, qui l'a déclaré en bon état.

En janvier 2012, la compagnie avait eu un accident avec un autre MD83, qui n'avait pas fait de blessés. L'aile droite de l'avion avait touché le sol lors d'un atterrissage à Kandahar, en Afghanistan, selon un rapport d'enquête du ministère espagnol de l'Equipement.

"Toutes les compagnies du monde ont eu des incidents qui ont fait l'objet d'une enquête des autorités de leurs pays", réagit Agustin Guzman, notant qu'"a priori, il n'y a pas de rapport entre ce qui s'était passé en Afghanistan" et l'accident de jeudi.

La région, dans le nord du Mali, où s'est écrasé l'avion, dispose de moyens techniques pour la navigation aérienne "bien inférieurs à ceux dont nous disposons en Europe", souligne le Sepla.

"Il n'y a par exemple pas de contrôleur qui supervise directement l'avion. Nous indiquons notre position au contrôleur aérien. Comme nous savons qu'il n'y a pas de contrôle radar, nous communiquons aussi aux autres pilotes notre position", explique Agustin Guzman.

Ce type de contrôle est légal et mis en place par l'Organisation de l'aviation civile, précise-t-il toutefois.

Quant aux conditions climatiques, cette "zone intertropicale" est connue pour être "une zone normalement très active où nous rencontrons de nombreuses tempêtes".

elc/sg/mr

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