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A Donetsk assiégée, des habitants plongés dans le désespoir

Anxieux, des habitants de Donetsk, bastion de la rébellion prorusse dans l'Est de l'Ukraine, font la queue devant un centre d'aide humanitaire pour obtenir vêtements, nourriture ou médicaments.

Alors que les affrontements se rapprochement chaque jour, certains ont simplement fui. D'autres restent et tentent de subsister.

Serrant dans leurs mains des lettres sur lesquelles sont griffonnés leurs besoins avec des photocopies de leurs passeports, une douzaine de personnes attendent devant le bâtiment de l'administration régionale, devenu le siège du pouvoir local séparatiste.

A l'intérieur, des tas de vêtements et des couvertures sont étalées au beau milieu d'une salle de théâtre, enroulés autour des sièges en velours rouge et empilés sur la scène.

Des pâtes, de la farine et quelques bouteilles d'huile de tournesol sont conservées dans un bureau à proximité, au milieu de clichés idylliques de la campagne ukrainienne accrochés aux murs.

L'aide humanitaire de ce centre vient de toute la Russie, ainsi que des maigres donations des habitants locaux.

"Ils nous bombardent nuit et jour désormais. C'est terrifiant!", lance Tatiana Zakharenko, une retraitée de 74 ans qui habite près de l'aéroport, repris par les forces loyalistes il y a quelques jours, mais toujours en proie à des affrontements.

"J'ai perçue ma dernière retraite le 14 juillet. Ils ne donnent plus rien maintenant. Qu'est ce que je dois faire? Je suis née ici et mes jambes ne sont plus très bonnes", explique-t-elle en s'appuyant sur une canne.

Dans une autre partie du centre, Eléna Medvedeva, une mère de quatre enfants de 37 ans, remet son formulaire.

"A la banque, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient plus me verser mes allocations familiales. J'espère au moins obtenir du pain et des aliments pour bébés", regrette-t-elle.

En larmes, Lioudmila Antonian peine à s'exprimer. "Ils bombardent les civils! Notre voisin a perdu un bras. Comment peut-on vivre comme ça?", se lamente cette femme de 60 ans.

Une équipe d'une douzaine de personnes, des responsables et des volontaires, travaillent dans ce centre de Donetsk, qui en compte plusieurs autres ainsi qu'une cantine pour les civils.

"Avant, on avait cinq ou six personnes qui venaient chaque jour. Hier, nous en avons eu 40. Ils viennent de toute la région désormais", explique Larissa, une des responsables.

Elle explique que les livraisons d'aide humanitaire en provenance de Russie a été stoppée en raisons des combats à la frontière. "Ils nous ont dit aujourd'hui qu'un couloir avait été ouvert. Espérons que c'est bien le cas", lance-t-elle.

Les cartons remplis de médicaments et de bandages, beaucoup d'entre eux marqués du sigle du parti nationaliste russe LDPR ou de celui d'organisations affiliées, sont conservés dans une chambre réfrigérée.

"Nous sommes en pénurie parce que le conflit s'aggrave de jour en jour", regrette Ioulia Jiltsova, une pharmacienne qui s'occupe du dépôt, où se fournissent également les combattants prorusses.

"Nous manquons particulièrement de médicaments pour le coeur. Les personnes âgées et les réfugiés ont vraiment besoin de médicaments qui réduisent leur tension artérielle", ajoute-t-elle.

Des milliers d'habitants ont eux choisi de fuir la ville vers la Russie. Des familles entières pouvaient être vues à la station de bus jeudi alors que les combats se rapprochent au fur et à mesure que les forces ukrainiennes gagnent du terrain.

En plus de trois mois, le conflit a fait plus de 1.000 morts, dont les 298 passagers du vol MH17, tombé près de Donetsk.

Les services de l'immigration russes ont révélé mardi que plus d'un demi million d'Ukrainiens avaient trouvé refuge en Russie depuis le 1er avril. Aucune information ne filtre sur le nombre de déplacés en Ukraine.

"Nous entendons des bombardements tous les jours. Les bureaux où je travaillais ont été fermés", raconte Lioudmila Boïtchouk, 50 ans, alors qu'elle attend un bus pour Zaporijia, une ville du Sud-est de l'Ukraine hors de la zone contrôlée par les séparatistes.

Assise à côté d'elle, Oksana, 34 ans, attend avec son fils et sa fille un bus en direction de Belgorod, en Russie. Elle prévoit de rejoindre Omsk, en Sibérie. "Dans ma rue, tout le monde est déjà parti".

dt/pop/gmo/ros

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