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09/07/2014 12:45 EDT | Actualisé 07/09/2014 05:12 EDT

D'une élection anticipée à l'autre: la Slovénie en état de crise chronique

Chute de trois gouvernements, manifestations populaires et une quasi-faillite: la Slovénie a définitivement perdu sa réputation d'élève modèle de la zone euro entre les deux élections législatives anticipées de ces trois dernières années.

2011

- 4 décembre: Zoran Jankovic, un multi-millionnaire venu du monde des affaires, crée la surprise en remportant de justesse les élections législatives anticipées, provoquées par la chute en septembre - en raison d'une réforme controversée des retraites - du gouvernement du social-démocrate Borut Pahor. Le parti "Slovénie positive" de Jankovic, créé quelques mois auparavant en vue du scrutin, coiffe au poteau le grand favori, le Parti démocratique slovène (SDS) de Janez Jansa.

2012

- janvier: Le Parlement refuse Zoran Jankovic comme Premier ministre. Ce dernier n'est pas parvenu à former une coalition avec les autres petits partis. C'est finalement le conservateur Janez Jansa, ancien Premier ministre, qui sera chargé de former un gouvernement.

- février: A peine intronisé, son gouvernement lance une série de mesures d'austérité demandées de longue date par l'Union européenne, notamment une réforme des retraites et des réductions de postes et de salaires dans le secteur public.

- décembre: L'austérité, qui s'ajoute à la crise économique et à la montée du chômage, provoque une vague de mécontentement populaire. Les Slovènes, remontés contre une classe politique qu'ils jugent corrompue, manifestent surtout dans la capitale Ljubljana et la deuxième ville du pays Maribor, où se produisent quelques échauffourées violentes.

2013

- janvier: La commission de lutte contre la corruption publie le 13 un rapport accablant pour le Premier ministre, mais aussi son principal rival Zoran Jankovic, soupçonnés tous deux d'irrégularités dans la déclaration de leurs biens. La pression monte contre le Premier ministre, sa coalition gouvernementale vole en éclat. Le 23, des dizaines de milliers de fonctionnaires font grève pour protester contre l'austérité, paralysant l'ensemble du pays.

- février: Le gouvernement est renversé le 27 par une motion de défiance au Parlement.

- mars: Un gouvernement de centre gauche se forme autour d'Alenka Bratusek, une experte financière peu expérimentée en politique. Des spéculations donnent la Slovénie comme le prochain candidat à un plan de sauvetage européen à un moment où Bruxelles vient en aide à Chypre, mis en difficulté par son système bancaire. Alenka Bratusek poursuit la politique d'austérité de son prédécesseur et tente d'assainir les banques, plombées par des créances douteuses.

- juin: Janez Jansa, soupçonné d'avoir reçu un pot de vin lors de la signature d'un contrat d'armement avec le Finlandais Patria alors qu'il était Premier ministre (2004-2008), est condamné par un tribunal slovène à deux ans de prison ferme. Il fait appel.

- décembre: Le gouvernement parvient à mobiliser 3,3 milliards d'euros pour recapitaliser ses banques et échappe à un plan de sauvetage européen. Le pays retrouve la confiance des investisseurs étrangers, les taux obligataires reviennent à des niveaux soutenables. Son économie se redresse plus vite que prévu.

2014

- avril: Le maire de Ljubljana Zoran Jankovic, qui s'était tenu à l'écart à la suite d'accusations de corruption, veut faire son come-back et parvient à reprendre à Alenka Bratusek la tête de son parti Slovénie positive. Cela sonne le glas de la coalition de Mme Bratusek dont les partis alliés refusent de gouverner avec une formation dirigée par Jankovic.

- mai: Alenka Bratusek démissionne. Des élections législatives anticipées sont fixées au 13 juillet.

- juin: Janez Jansa commence à purger sa peine de prison pour l'affaire Patria, mais se présente néanmoins aux élections. Il a toujours clamé son innocence et espère un jugement en sa faveur de la Cour suprême, auprès de qui il a fait appel.

bur-ilp/myl