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Mondial-2014 - Le Brésil cauchemarde, Messi rêve

Le Brésil s'est réveillé mercredi en se demandant s'il n'avait pas fait un cauchemar après le 7-1 infligé par l'Allemagne à sa Seleçao, tandis que Lionel Messi rêve d'aller, lui, en finale défier la Mannschaft.

Près de 200 millions de supporters brésiliens se sont levés avec les yeux rougis et les images d'un cauchemar malheureusement bien réel.

Le Brésil de Luiz Felipe Scolari, qui voulait décrocher sa sixième étoile de champion du monde dans son "Mondial", en finale dans "son" Maracana, a été réduit en poudre. Soixante-quatre ans après le Maracanazo et la victoire de l'Uruguay au bout du Mondial brésilien de 1950, le pays du "futebol" roi a vécu un "Mineirazo", du nom du stade de Belo Horizonte où s'est produit ce que O Globo, géant des médias brésiliens, a qualifié de "massacre allemand pour la pire honte de l'équipe nationale".

Et voilà tout un peuple qui pleure la destruction de son joyau, la Seleçao et ses cinq titres de champion de monde, écrasée par la machine à gagner de l'Allemagne. Klose, le vétéran allemand, s'est même offert le luxe de devenir le nouveau recordman des buts inscrits en Coupe du monde, avec 16 réalisations, devant Ronaldo "O Fenomeno", présent dans les tribunes de ce match entré dans l'histoire comme la plus lourde défaite dans une demi-finale de Coupe du monde.

Le Brésil n'est plus que larmes. Elles ont commencé à couler sur les joues des fans dans les tribunes au match, puis sur celles des autres devant leur TV. Puis c'est David Luiz, capitaine de cette équipe meurtrie, qui a éclaté en pleurs à l'issue du match avant de demander pardon au peuple brésilien. La présidente Dilma Rousseff s'est déclarée "très, très triste". Le deuil national n'est pas loin.

Mais il reste encore des matches, même sans le Brésil. Si Lionel Messi, qui dispute sa troisième Coupe du monde avec l'Argentine, bat les Pays-Bas mercredi à Sao Paulo en demi-finale, il retrouvera l'Allemagne, sa bête noire, en finale du Mondial-2014 au Maracana.

La Mannschaft, bien avant la correction infligée au Brésil, était déjà le cauchemar du quadruple Ballon d'Or...

Flashback. En 2006 à Berlin, "Leo", qui venait d'avoir 19 ans, assiste, effondré, depuis le banc des remplaçants de l'Albiceleste, à la séance de tirs au but fatale à sa sélection en quarts de finale face à l'Allemagne, pays organisateur (1-1 a.p.; 4 t.a.b à 2).

Quatre ans plus tard, à la Coupe du monde en Afrique du Sud, c'est un Messi devenu pièce centrale de l'équipe, à 23 ans, couvé par le coach de l'époque, Maradona, qui retrouve l'Allemagne, à nouveau en quart de finale. L'humiliation est plus grande encore au Cap. La Mannschaft dévore la formation argentine (4-0). Et c'est un Messi en pleurs, inconsolable, qui quitte la pelouse.

Cette fois "La Pulga" a enfin franchi le seuil des quarts et n'est plus qu'à une marche de la finale de ses rêves dimanche au Maracana, enceinte de légende. Messi est au sommet de sa forme. Le sélectionneur argentin Alejandro Sabella a construit une équipe pour lui, n'hésitant pas à laisser Carlos Tevez à la maison pour donner au joueur du Barça tout l'espace dont il a besoin dans les vestiaires et sur le terrain.

Et le natif de Rosario (au nord de Buenos Aires) a permis par ses fulgurances (et quatre buts) à une Argentine très laborieuse en début de tournoi d'avancer tour après tour.

Avec lui, un pays de plus de 40 millions d'habitants se prend à rêver d'un troisième titre de champion du monde. Le dernier remonte à 1986 et fut signé Maradona. Aujourd'hui, "El Diez" anime un show télé, avec son style habituel, tout en outrance, comme quand il a adressé en direct un doigt d'honneur au président de la fédération argentine Julio Grondona.

Messi est à des années lumières du tempérament volcanique de son illustre prédécesseur. Mais s'il veut bien lui ressembler en un point, c'est en soulevant la Coupe le 13 juillet.

Mais Messi trouvera sur sa route mercredi un autre joueur d'exception qui a une revanche personnelle à prendre avec la Coupe du monde: Arjen Robben.

Le Néerlandais était passé à côté de la finale en 2010 remportée par l'Espagne. Le joueur du Bayern Munich est apparu jusqu'ici dans la forme de sa carrière. Mis à part une légère tendance à garder un peu trop le ballon dans ses pieds et à oublier un partenaire démarqué, il a déchiré tous les rideaux défensifs tendus sur son chemin.

Et puis les Pays-Bas se sont découvert un gourou en la personne de leur coach, Louis Van Gaal. Le futur entraîneur de Manchester United a époustouflé la planète foot avec l'entrée en jeu de son gardien remplaçant, alors que le titulaire du poste n'était pas blessé, juste avant la séance de tirs au but face au Costa Rica. Le remplaçant, Krul, portier de Newcastle, est devenu un héros. Van Gaal un génie. Alors, partie d'échecs ou match fou ?

pgr/pga/fbx

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