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Mondial-2014 - Brésil: La faillite d'un système, racine du Mineirazo

La faillite du système Scolari, qui a voulu faire confiance à des joueurs pas au niveau, et l'absence de Neymar expliquent en grande partie ce qui restera dans l'Histoire comme le Mineirazo, pire défaite de l'histoire du Brésil (7-1).

"Si l'autre équipe est meilleure et nous bat, ce ne sera pas la fin de notre vie", avait annoncé avant le match Luiz Felipe Scolari. Mais "Felipao" se doutait-il que le score pouvait prendre cette ampleur ?

Le gardien Julio Cesar, digne, a demandé pardon au peuple brésilien. David Luiz, capitaine et défenseur central, a éclaté en pleurs avant de demander lui aussi pardon. Les 200 millions de supporters brésiliens leur donneront-ils un jour l'absolution ?

Contrairement à l'équipe de 1950 qui dominait son sujet jusqu'au dernier match contre l'Uruguay ou à l'équipe de 1982 qui avait fait rêver, le Brésil a été loin d'être flamboyant. Avait-elle vraiment le talent pour être championne du monde? Non au regard du dernier match... Mais le Brésil de 2002 aurait-il été champion si Ronaldo s'était blessé en quarts? Celui de 1994 si Romario n'avait pas joué?

Neymar, avant sa blessure, "représentait" quatre buts, deux corners ayant débouché sur des buts et un cinquième tir au but réussi ayant donné la qualification aux tirs au but face au Chili en huitième de finale. Sans compter le poids psychologique de son absence.

Si Pelé avait été sacré, en 1962, à 22 ans, après avoir quitté ses partenaires au deuxième match, il avait dans son équipe d'autres joueurs de légende: Garrincha, Amarildo, Didi ou Vava. Lors de ce Mondial, certains postes étaient occupés par des joueurs qui n'auraient sans doute pas eu leur place dans une autre sélection nationale. Ou qui n'ont pas évolué pas au niveau attendu. On pense tout de suite à Fred, l'avant-centre qui n'avait pas convaincu en Europe et qui n'a donné à personne des raisons de regretter ce choix. Il quitte le Mondial sur un maigre but contre le Cameroun alors que le match était déjà plié. Il a été invisible contre l'Allemagne.

Mais, que dire de Dani Alves, jadis le meilleur arrière droit du monde, qui après une saison décevante au Barça a continué sur la pente descendante? Il a passé les deux derniers matches du Mondial sur le banc et Maicon n'a pas fait mieux...

Que dire de Marcelo sans doute fatigué par une saison trop longue au Real Madrid? Ou encore des milieux de terrain transparents qu'ont été Paulinho et Fernandinho face à l'Allemagne quand on était dans le vrai money-time... Oscar a marqué le but face à la Mannschaft, mais qui s'en souviendra ?

Quart de finaliste en 2010 et 2006, et demi-finaliste en 2014 à la maison, le Brésil n'était finalement pas une équipe au-dessus du lot. L'Allemagne l'a même enterré sous terre.

Paralysé par la peur en huitième de finale contre le Chili, le Brésil avait rassuré en quart contre la Colombie (2-1). Mais la Seleçao a finalement été submergée par la pression et par une équipe d'Allemagne qui jouait à un autre niveau, celui d'une Coupe du monde. C'est une cruelle leçon pour la fédération brésilienne (CBF) qui devra entamer une réforme structurelle après cette déroute.

Les pleurs de Thiago Silva et Julio Cesar avant les tirs au but contre le Chili auraient pu rester une des images du Mondial. Mais ce sont les larmes de David Luiz après le "massacre", terme de la presse en ligne brésilienne, de Belo Horizonte, qui resteront.

Les 200 millions d'habitants attendaient une victoire sinon rien. Ce sera rien, car les joueurs n'ont pas été à la hauteur de l'événement. Paralysés ou loin de leur niveau, le résultat est le même. L'apport d'une psychologue, appelée en renfort après la victoire et les pleurs en huitièmes de finale, n'a pas été suffisant.

Le sélectionneur Luiz Felipe Scolari a conservé le même système qui l'avait conduit à la victoire à la Coupe des Confédérations en juin 2013. Mais qui a semblé stérile dès le premier match du Mondial remporté grâce à un penalty controversé (3-1) face à la Croatie. Hormis contre le Cameroun (4-1), l'attaque n'a rien produit d'impressionnant comme contre le Mexique (0-0), contre le Chili (1-1) en 8e de finale, contre la Colombie (2-1, deux buts de défenseurs). Contre l'Allemagne tous ces défauts ont crevé l'écran.

Le Brésil s'est créé trop peu d'occasions. Le milieu de terrain n'a jamais fourni de ballons à Fred et la Seleçao a paru jouer à dix pendant tout le Mondial. Difficile d'être champion du monde en infériorité numérique. Conservant la même philosophie qui l'avait conduit au titre en 2002, Scolari a fait confiance à ses joueurs contre vents et marées. Les mêmes recettes ne produisent pas toujours les mêmes plats...

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