Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Manifestation à Paris de chrétiens d'Irak qui dénoncent leur "éradication"

Environ 300 membres de la communauté assyro-chaldéenne, les chrétiens d'Irak, se sont rassemblés mardi à Paris près de l'Assemblée nationale pour exprimer leur inquiétude face à la situation de leurs proches dans le nord de leur pays.

Une délégation devait ensuite être reçue par des parlementaires de gauche et de droite.

Les manifestants ont rendu un hommage et prié pour les chrétiens "tués et déplacés en Orient". Ils s'inquiètent surtout pour les chrétiens de Mossoul (nord), qui, disent-ils, ont massivement fui la région alors qu'ils y étaient 35.000 en 2003. Des jihadistes occupent, selon des témoins, les cathédrales chaldéenne et syrienne orthodoxe de Mossoul, après avoir remplacé les croix des façades par le drapeau noir de l'Etat islamique.

"Même si le gouvernement fait des choses, il en faut plus", a assuré François Pupponi, député-maire socialiste de Sarcelles, en région parisienne, où se concentre une grande partie de la communauté. Selon leurs associations, il y a 20.000 Assyro-Chaldéens en France.

Ils "ont besoin d'expliquer qui ils sont, alors que leurs proches restés là-bas se font exterminer. Ils ont besoin d'alerter la France", a assuré M. Pupponi.

Le vicaire général de l'archevêché de Paris pour les catholiques des églises orientales résidant en France, Mgr Claude Bressolette, a également apporté le soutien de l'Eglise française aux Chaldéens.

"On redoute une éradication pure et simple des chrétiens d'Orient", a lancé, comme un cri d'alarme, Antoni Yalap, coordinateur de la journée d'action et conseiller municipal de Sarcelles. Il s'inquiète également du sort de deux religieuses et trois orphelins enlevés dans la région.

"Il y a un amalgame entre les chrétiens et les Occidentaux. Mais les chrétiens assurent la stabilité de la région et promeuvent les valeurs de la démocratie", a estimé M. Yalap. "Ceux qui vivent sur ces terres depuis plus de 6.000 ans sont incités à partir. Ils n'ont pas leur place dans cette guerre qui oppose les sunnites, les chiites et les Kurdes."

Avant l'invasion américaine de 2003, plus d'un million de chrétiens vivaient en Irak, dont plus de 600.000 à Bagdad. Mais en raison des violences meurtrières qui ont secoué le pays depuis, ils ne sont aujourd'hui pas plus de 400.000 sur l'ensemble du territoire.

L'Etat islamique (EI, groupe jihadiste lié à al-Qaïda), aidé de tribus et d'anciens officiers de l'ex-président sunnite Saddam Hussein, s'est emparé de larges pans de territoires en Irak depuis le lancement d'une offensive le 9 juin, dont Mossoul, la seconde ville du pays.

tsz/fff/thm/abk

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.