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L'Ukraine soumet au Conseil de l'Europe son projet de réforme constitutionnelle

Le gouvernement ukrainien a soumis aux experts du Conseil de l'Europe son projet de réforme constitutionnelle accordant plus de pouvoirs aux régions, un projet "très important" mais qui n'est pas "fédéraliste", a indiqué mardi le vice-Premier ministre ukrainien Vladimir Groysman.

Cette réforme, annoncée en avril à Kiev, doit être examinée par les experts de la "Commission de Venise", un organe consultatif du Conseil de l'Europe chargé d'accompagner les pays en transition vers l'Etat de droit. La commission doit rendre son avis "d'ici quelques semaines", a précisé un porte-parole du Conseil de l'Europe.

Avec ce projet, "les autorités locales et régionales obtiendront des compétences significatives", ce qui permettra à l'Ukraine de "bâtir un système de bonne gouvernance" et de "devenir un pays vraiment européen", a souligné M. Groysman lors d'un point presse au siège du Conseil de l'Europe à Strasbourg.

La réforme, destinée à apaiser la tension avec les rebelles pro-russes de l'est du pays, prévoit l'élection des gouverneurs par les élus locaux (et non plus leur nomination par le pouvoir central à Kiev) et un usage élargi de la langue russe dans l'enseignement et les entreprises.

Mais cette décentralisation ne va pas jusqu'à la mise en place de la structure fédérale demandée par la Russie, un moyen, selon certains observateurs, de conserver son influence sur l'Est russophone en dépit du rapprochement avec l'UE.

"La fédération de Russie a tenté d'imposer la notion de fédéralisme à l'Ukraine", afin de la "diviser", a commenté à ce propos M. Groysman. "Je voudrais souligner que l'Ukraine est un Etat unitaire", a-t-il ajouté.

Pour concevoir cette réforme, "j'ai mené de nombreuses consultations avec les représentants des régions de l'Est et du Donbass", a précisé le vice-Premier ministre. "Pour des raisons de sécurité, je ne vous dirai pas leurs noms, car dans l'Est de l'Ukraine des groupes terroristes sont actifs", a ajouté M. Groysman.

L'Ukraine vit sous la "menace militaire" et doit subir une "agression énergétique", a encore commenté le vice-Premier ministre, en regrettant que la Russie ait décidé de "doubler" le prix du gaz qu'elle vend à l'Ukraine, "sans raison aucune".

Avant Strasbourg, M. Groysman s'était rendu à Bruxelles pour assister à la première réunion de coordination sur l'aide à son pays, qui rassemble les pays donateurs (UE, Etats-Unis, Japon) et les grandes organisations internationales comme le FMI.

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