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L'ONU accuse l'élite sud-soudanaise d'être responsable du risque de famine

La représentante de l'ONU au Soudan du Sud a accusé mardi l'élite sud-soudanaise "occupée à servir ses propres intérêts" de porter la responsabilité d'une guerre intestine et du risque de famine qui pèse sur le pays à la veille de son troisième anniversaire.

"Des milliers et des milliers de gens ont été tués", a lancé Hilde Johnson dont le mandat à la tête de la mission de l'ONU, la Minuss, s'achevait, mettant en cause le gouvernement comme la rébellion qui s'affrontent dans des combats meurtriers depuis décembre dernier.

Un des pays les moins développés du monde "a été renvoyé des décennies en arrière", a déclaré cette ancienne ministère norvégienne au Développement dans un discours de départ cinglant à l'aéroport de Juba.

Mme Johnson a estimé que "le cancer de la corruption" minait les dirigeants du pays né en juillet 2011 de la partition du Soudan après une longue guerre civile et où les milliards de dollars de revenus pétroliers représentaient "une malédiction plus qu'une bénédiction".

Plus de 1,5 million de gens ont été chassés de chez eux par sept mois de guerre entre les troupes fidèles au président Salva Kiir et celles de son ancien vice-président et rival, Riek Machar.

Les organisations humanitaires ont aussi averti que le conflit politique qui se double d'un conflit ethnique faisait aussi peser la menace d'une famine dans les semaines à venir sans une aide massive.

"Nous risquons de voir la pire famine de l'histoire du pays et ce n'est pas parce que les pluies ne sont pas tombées", a lancé Mme Johnson.

"C'est une catastrophe dont des hommes sont la cause, c'est conflit dont des hommes sont la cause et, si elle se produit, ce sera une famine dont des hommes auront été la cause", a dit la responsable dont le discours ne devrait pas contribuer à améliorer les relations déjà tendues enter le Soudan du Sud et les Nations unies.

Elle a fait porter l'entière responsabilité de la situation sur les dirigeants du parti au pouvoir, aujourd'hui divisé, le SPLM, qui ont règné "par les armes plutôt que par la loi".

"Les responsables en sont le leadership à travers toutes les factions du SPLM, au gouvernement comme à l'extérieur", a-t-elle dit, estimant que les dirigeants sud-soudanais auraient pu stopper les violences déclenchées le 15 décembre dernier.

"Jamais auparavant nous n'avons été témoins de pareilles tueries et atrocités commises par des Soudanais du Sud contre des Soudanais du Sud", a-t-elle dit.

"Jamais auparavant nous n'avions vu les villes de Bor, Malakal et Bentiu pratiquement détruites par les combats et qui, en ce qui concerne ces deux dernières, ont changé de mains douze fois".

Des négociations entreprises à Addis Abeba sont interrompues depuis le mois dernier sans avoir donné de résultat.

Mme Johnson a averti que si le blocage perdurait, "nous ne pourrons que tirer une conclusion: il ne s'agit que d'une curée pour le pouvoir".

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