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Le candidat afghan Abdullah Abdullah clame victoire mais appelle à la patience

KABOUL - Le candidat présidentiel afghan Abdullah Abdullah a dit mardi avoir reçu des appels du président américain Barack Obama et du secrétaire d'État John Kerry à la suite de son refus d'accepter les résultats préliminaires de l'élection, faisant valoir une fraude électorale.

M. Abdullah a déclaré à des milliers de partisans, lors d'un rassemblement à Kaboul, que M. Kerry se rendrait dans la capitale afghane, vendredi, pour réaliser des entretiens et tenter d'aider à dénouer la crise. Des responsables du département d'État accompagnant M. Kerry à Pékin n'ont pas voulu commenter sur ses plans de voyage.

M. Abdullah a dit à ses partisans qu'il était «assurément le vainqueur de cette élection», mais leur a demandés de lui accorder quelques jours pour trouver une solution. Le candidat présidentiel a affirmé que les résultats de l'élection étaient frauduleux, tout en disant souhaiter négocier un dénouement à la crise.

En déplacement à Tokyo, M. Kerry a déclaré que toute action visant à prendre le pouvoir illégalement en Afghanistan entraînerait l'abandon du soutien des États-Unis sur les plans des finances et de la sécurité. Le secrétaire d'État américain a dit que les allusions à un «gouvernement parallèle» en Afghanistan inquiétaient grandement, et a ajouté s'attendre à ce que les institutions électorales afghanes mènent un examen en profondeur de toutes les allégations d'irrégularités. Il a dit croire que rien ne justifiait la violence ou les menaces d'une action illégale.

Également mardi, un kamikaze a pris pour cible les forces de l'ordre afghanes et étrangères près d'une clinique dans la province de l'est de Parwan, tuant au moins 16 personnes, incluant quatre soldats tchèques. Au moins dix civils et deux policiers ont perdu la vie, a dit un porte-parole régional. Les talibans ont pris la responsabilité de l'attaque dans un communiqué envoyé aux médias.

Selon un décompte préliminaire, l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani Ahmadzaï est le meneur au controversé scrutin présidentiel afghan. La commission électorale refuse toutefois de désigner un vainqueur, puisque plusieurs millions de bulletins de vote font l'objet d'une révision.

Peu après l'annonce des résultats préliminaires, des centaines de partisans de M. Ahmadzaï étaient descendus dans les rues de Kaboul et dans la ville de Kandahar, faisant résonner des tambours et dansant.

La Commission électorale indépendante a reconnu qu'il y a bel et bien eu des irrégularités durant le vote, et elle a promis de mener une enquête complète avant que les résultats finaux ne soient dévoilés. Au total, environ 7000 des 23 000 bureaux de vote feront l'objet d'un audit.

Selon la commission électorale, Ashraf Ghani Ahmadzaï aurait récolté 4,5 millions de voix, tandis que 3,5 millions de citoyens auraient plutôt choisi de se ranger derrière Abdullah Abdullah. Le taux de participation s'est établi à plus de 50 pour cent, a précisé un porte-parole.

Les États-Unis avaient appelé à la prudence, le département d'État soulignant qu'il s'agissait de «données qui ne sont pas finales ni officielles, et pourraient ne pas prédire le résultat ultime». Le porte-parole Jen Psaki ajoutait par communiqué que de «graves allégations» de fraude avaient été présentées et devaient encore faire l'objet d'une «enquête en profondeur».

M. Abdullah avait largement dominé lors du premier tour de l'élection présidentielle, en avril.

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