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La guerre à Donetsk? Sans vouloir y croire, des habitants sont inquiets

A Donetsk, la grande métropole de l'Est de l'Ukraine où se sont repliés nombre de combattants séparatistes, des habitants s'inquiétaient mardi, sans trop vouloir y croire, de possibles combats pour la défense de leur ville.

"A quoi pourrait bien nous servir une guerre?", résume Varvara Nikolaïevna, 53 ans, qui tient une échoppe de produits pour animaux domestiques au marché central de cette ville dont la population approche le million.

Et si elle pense que les autorités de Kiev devraient "comprendre que les gens d'ici ont des préoccupations particulières", elle dit que "tous nous pouvons vivre ensemble, quelles que soient nos nationalités", Ukrainiens ou Russes d'origine.

Les chefs rebelles ont beau avoir lancé des appels à la mobilisation, seules 2.000 personnes sont venues dimanche manifester sur la place Lénine pour "sauver Donetsk de l'armée ukrainienne".

"Le plus probable, c'est que Donetsk sera bombardée jusqu'à être un second Slaviansk", estimait Valeriï Frantchouk, 30 ans, "administrateur système" dans l'informatique, faisant allusion à l'ex-place forte séparatiste située à une centaine de kilomètres au nord de Donetsk, évacuée par les combattants prorusses face à l'avancée des forces ukrainiennes.

Slaviansk, que certains séparatistes présentent volontiers comme un nouveau Stalingrad entièrement rasé dans les combats, ce qui est loin de refléter la réalité, fait désormais office de point de référence.

"Si ça doit être comme à Slaviansk, autant partir tout de suite, j'ai un enfant," lance Katia, la vingtaine, qui fait ses courses au marché. "Mais je n'y crois pas, comment pourraient-ils bombarder une si grande ville, tous ces civils?"

Les chefs rebelles espèrent encore en un soulèvement populaire, et l'un d'eux, l'ex-"gouverneur populaire" autoproclamé Pavel Goubarev a lancé mardi sur les ondes un appel enflammé.

"Maintenant nous avons besoin de l'aide de tous les habitants de la ville, nous avons besoin que les militants prennent les armes et se dressent pour défendre leur famille et leur terre natale". Puis, sur un ton dramatique : "si chacun d'entre nous ne le fait pas maintenant, nous allons tous finir en esclaves, malmenés par les conquérants fascistes", ainsi que les séparatistes désignent les autorités de Kiev.

Mais à part les quelques centaines de combattants repliés de Slaviansk, les volontaires ne se bousculent visiblement pas.

Au centre, la fréquentation est moindre qu'à l'ordinaire, mais la ville ne semble pas connaître de véritable exode. Et si le gouvernement de Kiev a annoncé son intention de l'encercler, ses troupes sont encore à des dizaines de kilomètres, sauf du côté de l'aéroport, qu'elles contrôlent depuis le début du soulèvement. L'entrée et la sortie de Donetsk se font d'ailleurs librement, même si les séparatistes ont installé des postes de contrôle sur toutes les routes y menant.

Les transports en commun fonctionnent et la plupart des magasins sont ouverts, sans pour l'instant de problème d'approvisionnement. Le géant américain du fast-food McDonald's a pour sa part fermé ses restaurants depuis plusieurs semaines, et les rares distributeurs de billets qui fonctionnent sont pris d'assaut.

Les séparatistes comme le maire pro-Kiev ont par ailleurs mis en garde contre les dégâts causés au système de distribution d'eau régional pendant les récents combats, qui pourraient, selon eux, laisser à sec la grande métropole. Mais des réparations devaient être lancées.

Dans sa boutique du marché, Varvara Nikolaïevna soupire devant cette perspective. "Qu'ils arrêtent de se battre et que pour une fois ils pensent à nous... ou au moins qu'ils nous laissent tranquilles".

Mais, au contraire, mardi la guerre s'est rapprochée. En début d'après-midi, un avion a mené une frappe sur un carreau de mine désaffectée dans les faubourgs ouest de Donetsk, près duquel étaient cantonnés des combattants venus de Slaviansk. L'attaque n'a pas fait de victimes.

so/neo/bir

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