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Kiev affirme bloquer les routes autour de Donetsk

Les forces ukrainiennes resserraient mardi leur étau autour des places fortes des insurgés, Donetsk et Lougansk, avec l'objectif déclaré d'obtenir leur reddition, alors que Kiev recevait à nouveau le soutien verbal de Washington contrastant avec une position plus nuancée des Européens.

"Toutes les routes menant vers Donetsk et Lougansk sont bloquées et des postes de contrôle y ont été établis par les forces de l'opération antiterroriste", a annoncé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale et de défense Andriï Lyssenko.

Il a affirmé que le président Petro Porochenko a approuvé un plan de libération de ces villes, mais a refusé d'en dire plus "pour réserver une surprise déplaisante aux terroristes".

Le gouvernement ukrainien ne négociera pas avec les rebelles tant qu'ils n'auront pas déposé les armes, a déclaré le ministre de la Défense Valeriï Gueleteï, cité sur le site web de son ministère.

Les conditions posées par Kiev qui exige que les rebelles déposent les armes avant toute négociation de cessez-le-feu constituent un refus implicite des propositions de compromis européennes.

En visite en Mongolie, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a appelé lundi Kiev à dialoguer avec les séparatistes pour rechercher un cessez-le-feu, tandis qu'une porte-parole du gouvernement de Berlin soulignait qu'"un cessez-le-feu bilatéral et sans condition intervenant très rapidement reste essentiel".

Mais aux yeux de Kiev, un cessez-le-feu inconditionnel, observé tant que les insurgés contrôlent une partie de la frontière avec la Russie, ne ferait que renforcer ces derniers.

Les présidents américain Barack Obama et français François Hollande, qui ont eu un entretien téléphonique lundi, ont adopté un langage légèrement différent, appelant leur homologue russe Vladimir Poutine à "faire pression sur les séparatistes" prorusses "afin qu'ils acceptent le dialogue avec les autorités ukrainiennes", selon la présidence française.

De son côté, la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, interrogée sur des images de victimes civiles dans l'Est de l'Ukraine attribuées à des bombardements aériens par les forces de Kiev, a réaffirmé le soutien de Washington à ces dernières.

"Le gouvernement de l'Ukraine défend son pays et je pense qu'il a le droit de le faire", a dit la porte-parole. "Les habitants de l'Ukraine ont le droit de vivre en paix et en sécurité, sans que des séparatistes appuyés par la Russie attaquent leurs maisons. C'est la cause première de cette situation et nous ne devons pas l'oublier", a-t-elle ajouté.

A Donetsk, où l'on a appris mardi l'enlèvement d'un prêtre catholique opposé aux séparatistes par un groupe armé baptisé "Armée orthodoxe russe", la situation était calme mardi. En revanche, des tirs étaient signalés à Lougansk, l'autre grande ville de l'Est contrôlée par les rebelles. Un taxi collectif y a été touché par un obus en début de journée, faisant deux morts et quatre blessés, ont annoncé les autorités locales. L'origine des tirs n'a pas été précisée. Par ailleurs, selon M. Lyssenko, l'aéroport de Lougansk, tenu par les forces loyalistes, a été la cible de tirs de chars.

Le chef de la "République populaire de Lougansk", Valeriï Bolotov, a affirmé pour sa part que ses forces avaient réussi à repousser celles de Kiev et contrôlaient toujours le village d'Izvarine et le tronçon voisin de la frontière avec la Russie.

Les gardes-frontières ukrainiens ont rapporté mardi avoir perçu "des signes de préparatifs des séparatistes à mener une guérilla le long de la frontière" et notamment à déclencher des tirs surprise contre les postes-frontières et les forces de "l'opération antiterroriste".

A Kiev, le président Porochenko, qui avait changé la semaine dernière son ministre de la Défense et son chef d'état major, a remanié la direction des services de sécurité SBU, en nommant notamment Vassyl Grytsak à la tête du Centre antiterroriste.

Le ministre de la Justice Pavlo Petrenko a lancé une procédure judiciaire pour interdire le Parti communiste ukrainien en raison de son soutien non dissimulé aux séparatistes de l'Est.

Et à Moscou, qui, selon Kiev, joue un rôle clé en soutenant la rébellion, les succès des forces ukrainiennes sur le terrain n'ont pas suscité de réaction vigoureuse, sa classe dirigeante apparaissant divisée entre les partisans de la ligne dure, poussant à l'escalade du conflit, et ceux de la solution diplomatique, soucieux de l'impact que d'éventuelles nouvelles sanctions pourraient avoir sur l'économie russe.

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