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Kerry à Pékin, "convergence de vue" entre Pékin et Washington sur la Corée du Nord

Les Etats-Unis et la Chine, où le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a entamé mardi une visite officielle, partagent de plus en plus des "vues convergentes" sur la nécessité d'agir vite pour imposer la dénucléarisation de la Corée du Nord, a affirmé mardi un haut responsable américain.

"Il existe une convergence de vue croissante entre les Etats-Unis et la Chine sur l'importance et l'urgence d'amener la Corée du Nord à prendre des mesures irréversibles pour se dénucléariser", a déclaré ce responsable, peu avant l'arrivée à Pékin du secrétaire d'État américain John Kerry.

Le chef de la diplomatie américaine, accompagné du secrétaire au Trésor Jacob Lew, dirige la délégation invitée au sixième Dialogue économique et stratégique américano-chinois, mercredi et jeudi.

Cette rencontre intervient alors qu'une série de dossiers épineux ont mis à mal les relations sino-américaines ces derniers mois, du cyber-espionnage aux tensions maritimes entre Pékin et ses voisins.

John Kerry doit être reçu jeudi par le président chinois Xi Jinping.

M. Xi a été reçu la semaine dernière à Séoul pour son premier voyage dans la péninsule coréenne, cette préférence donnée au Sud témoignant d'une certaine irritation de Pékin à l'égard de l'imprévisible régime de Pyongyang.

Washington avait alors jugé que la visite de Xi à Séoul prouvait un isolement encore accru du régime nord-coréen. La Chine reste cependant considérée comme le pays le plus à même d'avoir une influence sur le régime nord-coréen.

Les Etats-Unis ont par ailleurs appelé la semaine dernière à la libération de deux touristes américains détenus en Corée du Nord, Matthew Miller Todd et Jeffrey Edward Fowle, que Pyongyang veut traduire devant la justice pour avoir "perpétré des actes hostiles".

La souveraineté revendiquée par Pékin sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale est "problématique", a également affirmé le haut responsable américain, membre de la délégation de M. Kerry.

L'administration Obama entend faire de l'Asie le "pivot" de sa politique étrangère, ce qui est perçu comme une menace par la Chine.

Les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale et en mer de Chine orientale sont à l'origine de vives tensions avec des alliés asiatiques de Washington, dont le Japon.

Les Etats-Unis assurent ne pas prendre parti dans ces différends, mais, à l'image du secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, ils ont accusé la Chine d'entreprendre des "actions de déstabilisation" et averti qu'ils ne resteraient pas passifs si l'ordre mondial était menacé.

Ces tensions accrues "sont considérées comme très importantes par les Etats-Unis en tant que puissance du Pacifique, en tant que nation commerciale majeure, en tant qu'important usager des voies maritimes ainsi qu'en tant que garant sur le long terme de la stabilité dans la région Asie-Pacifique", a ajouté, sous le couvert de l'anonymat, le haut responsable de la délégation de M. Kerry.

Les relations sino-américaines ont également pâti de l'inculpation en mai par la justice américaine de cinq officiers chinois pour piratage informatique et espionnage économique.

De l'avis d'experts, cette décision relève du symbolique --il est fort improbable que les inculpés se présentent devant un tribunal américain--, mais Pékin a promptement réagi en se retirant d'un groupe de travail sur la sécurité informatique.

Les Etats-Unis "sont responsables de remarques et d'actions erronées sur les questions maritimes et informatiques, ce qui a eu un impact défavorable sur les relations bilatérales", a assuré lundi Chen Zeguang, assistant du ministre chinois des Affaires étrangères.

John Kerry devrait évoquer ce dossier lors de ses entretiens à Pékin avec le plus haut responsable de la politique étrangère chinoise, le conseiller des Affaires d'Etat Yang Jiechi, et le vice-Premier ministre Wang Yang.

Enfin, le yuan, la monnaie chinoise que les Etats-Unis considèrent comme sous-évaluée, devrait aussi faire partie des discussions. Tout en s'abstenant d'accuser Pékin de manipuler sa monnaie -- une accusation qui pourrait déclencher des sanctions --, le secrétaire au Trésor exhorte Pékin à amener le yuan à des taux de change déterminés par le marché.

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