Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Jihadistes en Syrie: mobilisation en Europe et aux Etats-Unis

Face à la menace que constituent les jihadistes occidentaux partant et surtout revenant de Syrie, l'Europe et les Etats-Unis se mobilisent, en mettant l'accent sur une coopération internationale accrue.

Mardi à Milan, le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a annoncé l'adoption par les ministres de l'Intérieur de neuf pays --Belgique, France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Danemark, Suède et Pays-Bas-- d'un plan d'action pour identifier les jeunes Européens partis combattre en Syrie et les empêcher de basculer dans le terrorisme à leur retour.

Au même moment, à Oslo, le ministre norvégien de la Justice Anders Anundsen a présenté à son homologue américain, Eric Holder, un plan antiradicalisation en trente points.

"Nous allons le rapporter aux Etats-Unis et l'étudier", a dit M. Holder, ajoutant que les combattants étrangers en Syrie et en Irak constituaient "une grande source d'inquiétude pour les USA et leurs alliés". Selon lui, "moins d'une centaine" de ressortissants américains font actuellement l'objet d'une enquête pour leur participation au conflit, dans les rangs jihadistes, en Syrie et en Irak.

A Paris, le conseil des ministres s'apprête à examiner mercredi une nouvelle loi complétant l'arsenal antiterroriste français, déjà fourni, en prévoyant notamment la possibilité de placer des ressortissants français, majeurs et mineurs, sur une liste de personnes interdites de voyage à l'étranger, par confiscation de leur passeport.

Cette mesure n'empêchera sans doute pas les plus déterminés et les plus malins, qui pourront toujours se rendre en Turquie puis en Syrie par la route, de rejoindre une terre de jihad, mais "resserrera les mailles du filet", a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Cette liste sera communiquée à tous les partenaires européens et ceux qui parviendront à partir seront visés par un mandat d'arrêt international.

Ce projet de loi prévoit également une nouvelle incrimination, "l'entreprise individuelle à caractère terroriste", qui vient compléter "l'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", pierre angulaire du système judiciaire français en la matière, et vise à poursuivre facilement ceux qu'on appelle les "loups solitaires", qui agissent sans complices.

A Milan, Gilles de Kerchove a refusé de détailler les mesures adoptées, "confidentielles". Elles seront soumises aux autres pays de l'UE lors d'une réunion des ministres de l'Intérieur en octobre.

"Les développements récents en Irak renforcent la nécessité d'agir immédiatement", a-t-il assuré, car la proclamation d'un califat par les jihadistes de l'Etat islamique (EI), nouveau nom de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), peut avoir un effet d'attraction pour certains jeunes musulmans européens.

L'objectif est de mieux identifier les candidats prêts à s'enrôler pour aller combattre en Syrie, de les signaler aux autres pays de l'UE, de rendre leur départ difficile, de les suivre à leur retour et éventuellement de les appréhender.

Une des mesures vise à rendre systématique le contrôle des citoyens de l'UE aux passages aux frontières extérieures et de faciliter les échanges d'informations par le Système d'information Schengen (SIS) utilisé par les membres de l'espace européen sans frontière. Le Royaume-Uni qui, comme l'Irlande, n'est pas membre de Schengen, veut rejoindre le SIS.

Les Européens doivent toutefois respecter un équilibre entre les impératifs de sécurité et les libertés civiles, "sinon la démocratie serait menacée", a expliqué M. de Kerchove. Le problème est de formuler les infractions qui permettront de placer les apprentis jihadistes sous le coup d'une procédure judiciaire et d'apporter les preuves que l'infraction a été commise, a-t-il ajouté.

L'auteur présumé de la tuerie du 24 mai au Musée Juif de Bruxelles, un jeune musulman franco-algérien, a séjourné en Syrie pendant près d'un an. Il avait été signalé par les autorités françaises dans le SIS mais sans que son arrestation ne soit préconisée.

Selon les estimations des services de sécurité, plus de 2.000 Européens sont partis ou veulent partir combattre. Certains sont revenus et surveillés. "Cela ne veut pas dire que tous veulent mener des attaques mais quelques-uns le feront", a prévenu M. de Kerchove.

Mardi à Londres s'est ouvert le procès d'une jeune femme accusée d'avoir tenté de faire sortir clandestinement 20.000 euros à destination de jihadistes combattant en Syrie.

csg-mm-bur/fff/cgu

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.