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Israël lance une vaste attaque aérienne contre Gaza, prêt à une offensive terrestre

Dix-sept Palestiniens ont péri mardi dans une vaste offensive aérienne israélienne contre la bande de Gaza, faisant craindre un conflit généralisé entre le Hamas islamiste et Israël qui se dit prêt à une attaque terrestre.

De plus, quatre combattants palestiniens, arrivés de Gaza par la mer, ont été tués mardi soir par les forces israéliennes alors qu'ils tentaient d'attaquer une base militaire du sud d'Israël, selon l'armée qui a fait état d'un soldat blessé.

Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, bras armé du Hamas, ont revendiqué l'opération d'infiltration, affirmant avoir aussi tiré "10 roquettes Katioucha" contre la base de Zikim, sur la côte sud israélienne, sans faire état de pertes dans leurs rangs.

Plus tôt dans la soirée, les sirènes d'alerte avaient retenti à Tel Aviv, à 60 km au nord de Gaza, avant qu'une roquette ne soit interceptée par le système de défense antimissile Iron Dome, selon l'armée.

Les autorités israéliennes ont ouvert tous les abris anti-aériens à Tel-Aviv et Jérusalem, à portée de tirs du Hamas.

Depuis le début de son opération "Protective Edge" ("Bordure protectrice") lundi à minuit, l'aviation israélienne a effectué des dizaines de raids sur l'enclave palestinienne, contrôlée sur le plan sécuritaire par le Hamas, qui ont fait 17 morts et plus de 100 blessés.

Ce cycle de violences entre le Hamas et Israël est le pire depuis novembre 2012.

La frappe la plus meurtrière a touché en début d'après-midi une maison à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, faisant huit morts, dont un enfant de 8 ans et deux adolescents, et 25 blessés, a expliqué à l'AFP le porte-parole des services d'urgences Achraf al-Qoudra.

Selon des témoins, un drone a lancé une fusée éclairante en signe d'avertissement. Pour tenter de dissuader l'aviation, des proches et des voisins se sont alors rassemblés dans le bâtiment, mais peu après, un chasseur F-16 a tiré un missile qui l'a démoli.

Le Hamas a dénoncé un "crime de guerre horrible" et prévenu que "tous les Israéliens" étaient désormais "des cibles légitimes".

Selon l'armée israélienne, 120 roquettes ont été tirées mardi sur le sud d'Israël -- 23 ont été interceptées par la défense antimissile et les autres n'ont pas fait de victime -- tandis que l'aviation a ciblé 150 "sites terroristes" à Gaza.

L'offensive israélienne été déclenchée à la suite de dizaines de tirs de roquettes revendiqués par les Brigades al-Qassam après la mort de cinq de leurs combattants dans des bombardements israéliens lundi matin.

"L'objectif est de frapper le Hamas et de réduire le nombre de roquettes tirées vers Israël", a expliqué un porte-parole militaire.

"L'armée prépare une série d'options, y compris une offensive terrestre ou une invasion" du territoire palestinien, a expliqué à l'AFP un responsable israélien sous couvert de l'anonymat.

Le cabinet de sécurité, présidée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a autorisé mardi le rappel de 40.000 réservistes en prévision d'une possible opération au sol.

Des renforts sont déployés aux abords de Gaza, où des journalistes de l'AFP ont vu des troupes, des chars et des transports de troupes blindés.

"Nous sommes prêts à mener une bataille contre le Hamas qui ne se terminera pas en quelques jours. L'armée poursuivra son offensive de telle façon que le Hamas va payer un prix très élevé", a averti le ministre de la Défense Moshé Yaalon.

La Maison Blanche a condamné "fermement" les tirs de roquettes de Gaza tout en se disant inquiète pour les civils pris sous les feux du Hamas comme d'Israël.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également dénoncé les attaques à la roquette et appelé de nouveau les deux camps à "exercer le maximum de retenue".

Amnesty International a exhorté "toutes les parties à protéger la vie des civils".

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exigé qu'Israël mette fin "immédiatement" à son attaque, demandant à la communauté internationale d'"intervenir pour arrêter la dangereuse escalade".

Le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh a appelé "à l'unité palestinienne sur le front politique et sur le terrain".

Bête noire d'Israël et considéré comme une "organisation terroriste" par les Etats-Unis et l'UE, le Hamas a signé en avril avec M. Abbas un accord de réconciliation pour mettre fin aux divisions depuis 2007.

Cette nouvelle spirale de violences a été enclenchée le 12 juin par l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif la semaine dernière.

bur-agr/fcc

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