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Dette : l'Argentine rencontrera à nouveau le médiateur vendredi

Les représentants du gouvernement argentin rencontreront de nouveau vendredi le médiateur nommé pour faciliter les négociations entre Buenos Aires et des fonds spéculatifs sur des impayés de dette, a annoncé mardi le chef du gouvernement Jorge Capitanich.

Une délégation argentine conduite par le ministre de l'Economie, Axel Kicillof, a rencontré lundi le médiateur Daniel Pollack pour "expliquer en détail la situation argentine" concernant la décision du juge Thomas Griesa qui oblige Buenos Aires à payer 1,3 milliard de dollars aux fonds ayant refusé en 2005 et 2010 tout allégement de sa dette, contrairement à ce qu'ont fait 93% des créanciers.

"La réunion a été longue et nous avons pu identifier clairement les problèmes et donc nous nous sommes mis d'accord pour poursuivre la réunion le vendredi 11 juillet", a déclaré M. Capitanich au cours d'une conférence de presse.

Le gouvernement a admis devant M. Pollack "qu'il se charge des responsabilités financières" mais "qu'il est indispensable de revoir la situation pour créer des conditions acceptables de négociation pour 100% des détenteurs d'obligations", a-t-il ajouté.

L'Argentine a réclamé lundi une mesure de suspension de la décision pour poursuivre les paiements aux 93% des créanciers qui ont accepté un accord en 2005 et 2010, portant jusqu'à 70% de diminution de la dette due, et qu'ils continuent à percevoir régulièrement.

Le juge Griesa a stipulé que l'Argentine ne pouvait effectuer de nouveaux versements aux autres créanciers tant qu'elle ne versait pas d'argent aux fonds spéculatifs (NML Capital et Aurelius Management, soit 1% des créanciers) qui réclament la totalité de la valeur nominale de leurs titres, plus les intérêts.

"Nous réaffirmons d'une manière solennelle que l'Argentine respecte régulièrement ses obligations de paiement du service de la dette à ses créanciers qui participent à la restructuration de la dette", a déclaré M. Capitanich.

Dans un courrier rendu public sur Twitter par la présidente Cristina Kirchner, M. Kicillof a par ailleurs estimé que ces fonds "ne sont pas des victimes mais seulement des extorqueurs".

Ce courrier est adressé à Jay Newman, administrateur de portefeuilles chez Elliot Management Corporation, en réponse à un article dans lequel il affirmait que les fonds "étaient ouverts au compromis" mais que l'Argentine refusait le dialogue, ce que M. Kicillof qualifie de "totalement faux".

Il accuse en outre Elliot Management de "tenter de s'acheter une réputation en se présentant comme le défenseur de retraités et de détenteurs de bons trahis".

Ces fonds "ne sont pas des prêteurs de bonne foi aux pays émergents. Ils sont ce qu'ils sont : des vautours judiciaires et financiers", ajoute-t-il.

L'Argentine a ordonné le 26 juin de payer les créanciers qui ont accepté la restructuration et dont les obligations étaient exigibles quatre jours plus tard mais le juge Griesa a bloqué les versements et ordonné de les retourner à leurs expéditeurs.

A présent le gouvernement argentin considère que le paiement de la dette a été effectué et rejette toutes les responsabilités sur les courtiers.

Le courtier (la banque de New York Mellon) n'a pas versé l'argent aux créanciers pour ne pas enfreindre la décision du juge Griesa.

Plusieurs détenteurs d'obligations qui n'ont pas reçu leurs versements ont alerté la Bank of New York Mellon sur la possibilité d'entamer des actions légales.

L'Argentine est proche d'un nouveau défaut de paiement de sa dette si les créanciers ne perçoivent pas les versements qui s'élèvent à plus de 900 millions de dollars avant la date du 30 juillet.

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