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Débordé par la vague de clandestins, Obama réclame des crédits d'urgence

Le président américain Barack Obama a réclamé mardi une enveloppe d'urgence pour répondre à l'afflux récent de clandestins à la frontière mexicaine, dont des dizaines de milliers d'enfants d'Amérique centrale.

L'exécutif souhaite que le Congrès vote rapidement 3,7 milliards de dollars de crédits supplémentaires pour augmenter les capacités d'arrestation et de détention de clandestins qui traversent la frontière, accélérer les expulsions d'adultes et renforcer les services aux réfugiés mineurs non accompagnés.

Les fonds permettront de répondre à "une situation humanitaire d'urgence", a expliqué Barack Obama dans une lettre au président républicain de la Chambre des représentants.

Plus de 52.000 sans-papiers mineurs et non accompagnés, aux trois quarts en provenance de trois petits pays d'Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador), ont été arrêtés depuis octobre à la frontière sud-ouest des Etats-Unis, principalement le long du Rio Grande au Texas, soit le double de l'année précédente. Les agents fédéraux sont débordés, et les centres de détention pleins.

La Maison Blanche souhaite augmenter le nombre d'agents d'immigration et de la police à la frontière. Seize équipes supplémentaires seraient déployées pour l'utilisation de drones à la frontière. Environ 40 juges spécialisés dans l'immigration seraient embauchés.

Près de la moitié de la requête, 1,8 milliard de dollars, irait au département de la Santé, chargé selon une loi anti-trafic d'êtres humains de prendre en charge les mineurs non accompagnés. Ces mineurs ne peuvent pas être expulsés immédiatement et ont droit à plus de protections juridiques que les adultes.

Dans un second temps, Barack Obama a indiqué qu'il souhaitait que le Congrès assouplisse cette règle pour accélérer les expulsions d'enfants, comme c'est déjà possible pour ceux de nationalité mexicaine.

Mais dans l'immédiat, le gouvernement veut consacrer plus de moyens aux expulsions d'adultes, en priorité les personnes ayant traversé la frontière récemment, a expliqué un responsable de la Maison Blanche sous couvert d'anonymat.

"Nous prenons des mesures pour à la fois respecter les procédures et expulser ces migrants de façon efficace", a-t-il expliqué. "Les gens seront renvoyés dans leurs régions".

L'exécutif entend aussi renforcer une campagne diplomatique et médiatique dans les pays d'Amérique centrale pour dissuader les parents de confier leurs enfants à des passeurs.

La crise a déclenché un vif débat partisan au Congrès. Les républicains, qui dominent la Chambre des représentants, estiment que Barack Obama est responsable de l'afflux de clandestins, à cause de sa décision en 2012 de régulariser pour une période renouvelable de deux ans des centaines de milliers de jeunes sans-papiers, créant selon eux un appel d'air.

Mais il n'est pas garanti que la demande de crédits supplémentaires, bien supérieure au chiffre de 2 milliards de dollars évoqué jusqu'à présent, soit acceptée immédiatement.

La Chambre va étudier la proposition de la Maison Blanche, a dit Michael Steel, porte-parole de John Boehner, président de la Chambre. Mais, a-t-il déclaré, "le président de la Chambre reste favorable au déploiement de la Garde nationale pour apporter un soutien humanitaire dans les régions affectées, ce que cette proposition n'évoque pas".

Barack Obama et les démocrates rétorquent que le Sénat, dominé par les démocrates, a adopté l'an dernier une réforme de l'immigration qui aurait permis de renforcer les contrôles à la frontière pour la rendre plus étanche. Ils soulignent aussi que le programme de régularisations temporaires de 2012 n'est pas applicable aux nouveaux arrivants.

"La situation humanitaire à la frontière n'est que le dernier exemple du coût de l'inaction du Congrès", a écrit Barack Obama dans une lettre au gouverneur du Texas, Rick Perry.

Frustré par ce qu'il qualifie d'obstruction républicaine, le président a annoncé récemment qu'il agirait administrativement dans les prochains mois sur l'immigration.

Il se rend par ailleurs mercredi au Texas, mais aucun déplacement à la frontière n'est prévu.

Selon la Maison Blanche, les Etats-Unis ont expulsé 233.000 personnes depuis octobre, le début de l'exercice budgétaire, dont 87.000 originaires d'Amérique centrale.

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