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Canada: Omar Khadr doit être placé dans une prison à sécurité réduite (justice)

Le Canadien Omar Khadr, détenu au Canada depuis 2012 après 10 ans passés à Guantanamo, doit être transféré d'un pénitencier fédéral à régime strict à une prison de juridiction provinciale à sécurité réduite, a ordonné mardi un tribunal de l'Alberta.

Le gouvernement canadien a immédiatement annoncé son intention d'interjeter appel: Ottawa "cherche à obtenir un sursis d'exécution, pour veiller à ce qu'il reste dans une prison fédérale - là où il doit être", a dit le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, dans un communiqué à l'AFP.

Aujourd'hui âgé de 27 ans, Omar Khadr n'en avait que 15 en 2002 lorsqu'il avait été capturé par les forces américaines en Afghanistan et accusé d'avoir tué avec une grenade un sergent américain.

Or la peine de huit ans imposée à Omar Khadr en octobre 2010 par un tribunal militaire américain d'exception à Guantanamo ne pouvait être interprétée en droit canadien que comme une sentence pour jeune contrevenant, puisqu'il était mineur au moment des faits, a décidé la Cour d'appel de l'Alberta.

Le prisonnier avait plaidé coupable pour cinq chefs d'inculpation en échange de cette peine limitée et de son transfert vers son pays d'origine pour purger sa sentence.

Depuis son retour au Canada en septembre 2012, il a été détenu dans des pénitenciers à haute sécurité jusqu'à son transfert en février vers une prison fédérale de l'Alberta au régime un peu moins strict.

"Khadr doit être transféré vers un pénitencier provincial", où sont détenus au Canada les individus purgeant des peines d'emprisonnement de moins de deux ans, a cependant décidé la Cour d'appel de l'Alberta.

"Cela signifie qu'il ne sera plus sous le contrôle du gouvernement fédéral (...) et que le la loi est de son côté", a déclaré l'un de ses avocats, Dennis Edney, à la chaîne publique CBC. "Ca veut aussi dire qu'il doit être traité comme un mineur et avoir droit à des programmes de réhabilitation".

"Omar Khadr a plaidé coupable à des accusations de crimes haineux", a rappelé le ministre Steven Blaney, soulignant que le gouvernement canadien est "énergiquement opposé à toute tentative visant à alléger sa punition".

Cette décision pourrait mener à une prochaine libération conditionnelle d'Omar Khadr, qui y est déjà en partie éligible depuis juillet 2013.

jl/sab/rap

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