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A Pékin, Merkel défend les bienfaits d'"une société libre et ouverte"

La chancelière allemande Angela Merkel a défendu mardi à Pékin, devant un public d'étudiants chinois, les bienfaits d'une "société libre et ouverte", invoquant les évolutions provoquées par la chute du mur de Berlin.

A côté des facteurs technologiques et économiques, le "développement durable" d'un pays "nécessite aussi un système juridique correct et équitable sur le plan social", a déclaré Mme Merkel, lors d'un discours soigneusement pesé à l'université d'élite Tsinghua.

"Il est important que les citoyens puissent croire au pouvoir de la loi, plutôt que (de se soumettre) à une loi des puissants", a-t-elle ajouté, avant d'évoquer le forum où Chine et Allemagne discutent "des droits de l'homme, des libertés individuelles et de diversité sociale".

"C'est très important à mes yeux, car il y a 25 ans, quand une révolution pacifique a éclaté en RDA", le régime communiste d'Allemagne de l'Est, "cela a permis de faire tomber le mur de Berlin et d'arriver à un libre dialogue" au sein de la société, a expliqué la chancelière.

Elle-même a précisément grandi dans ce qui était alors un pays du bloc soviétique, où les libertés étaient réprimées et les citoyens massivement surveillés.

"Je pense que c'est également important ici en Chine d'avoir pareillement un libre dialogue", a-t-elle ajouté.

Alors que la Chine est régulièrement dénoncée par les organisation de défense des droits de l'homme, les commentaires de Mme Merkel contrastaient avec les visites de la plupart des dirigeants occidentaux, lesquels tendent à éviter en public toutes remarques sur le sujet alors qu'ils courtisent la deuxième économie mondiale.

"Il faut que les citoyens se sentent protégés (...) Il est important d'avoir des lois qui servent à préserver ces principes. Il est crucial d'avoir une société libre, ouverte et plurielle pour construire un avenir couronné de succès", a insisté Mme Merkel.

Débuté dimanche à Chengdu (sud-ouest), le septième voyage de la chancelière en Chine depuis sa prise de fonctions en 2005 était cependant placé sous le signe de l'économie, comme en témoignant la large délégation de chefs d'entreprises l'accompagnant.

Une poignée de contrats commerciaux et d'investissements ont d'ailleurs été dévoilées lundi, dont nouvelles usines pour le constructeur automobile Volkswagen et les commandes de 123 hélicoptères d'Airbus.

Après des éditoriaux plutôt tièdes ces derniers mois à l'égard de pays européens comme la Grande-Bretagne, le presse chinoise a réservé à la visite de Merkel un accueil enthousiaste, soulignant les relations commerciales florissantes des deux puissances exportatrices.

Mme Merkel avait provoqué l'ire de Pékin en 2007 en rencontrant le dalaï lama, bête noire des autorités chinoises qui considèrent le chef spirituel tibétain en exil comme un dangereux séparatiste.

jug/seb/ros

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