NOUVELLES
07/07/2014 05:27 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Ukraine: trois ponts sautent dans l'Est alors que l'étau se resserre

DONETSK, Ukraine - Après la prise, par les forces ukrainiennes, d'un important château-fort rebelle dans l'est de l'Ukraine, les grandes villes de Donetsk et de Lougansk pourraient désormais devenir le lieu de combats intenses.

Trois ponts sur des routes menant à Donetsk ont par ailleurs été dynamités, lundi, possiblement pour ralentir les mouvements de l'armée, bien que les rebelles accusent plutôt des saboteurs pro-Kiev.

Alors que les tensions montent à l'idée d'affrontements dans ces deux grandes villes, la Russie demande à l'Europe de faire pression sur le gouvernement ukrainien afin de mettre fin aux combats, mais n'a pas posé de geste direct. Les rebelles en Ukraine et les nationalistes en territoire russe ont quant à eux réclamé que le Kremlin envoie des troupes pour protéger les insurgés prorusses, mais le président Vladimir Poutine, craignant de nouvelles sanctions imposées par l'Occident, n'a pas voulu s'engager.

Des séparatistes expulsés de Sloviansk et d'autres villes de l'Est par l'armée au cours de la fin de semaine se regroupent à Donetsk, une ville industrielle d'un million d'habitants où les prorusses ont déclaré l'indépendance. Pavel Goubarev, le «gouverneur» autoproclamé, a promis, devant des milliers de partisans réunis dimanche, «une véritable guerre partisane autour de l'ensemble du périmètre de Donetsk».

Pendant ce temps, les autorités ukrainiennes ont fait savoir que leur stratégie consistait à imposer des blocus à Donetsk et Lougansk, les deux métropoles de l'Est, afin de couper les lignes d'approvisionnement des rebelles. Les civils pourront quitter ces endroits et chercher de l'aide ailleurs, précise le porte-parole Andreï Lisenko, du Conseil national de sécurité, selon l'agence de presse ITAR-Tass.

Les affrontements entre l'armée et les séparatistes ont fait plus de 400 morts et des milliers de sans-abri depuis le début de l'insurrection en avril. Kiev a mis fin à un fragile cessez-le-feu de 10 jours la semaine dernière, et a depuis multiplié les coups de force contre les rebelles.

Impossible de savoir qui a fait exploser les ponts autoroutiers et ferroviaires, lundi. Leur destruction avantagera davantage les rebelles en freinant l'avance de l'armée, mais les insurgés de Donetsk ont déclaré par communiqué qu'ils attribuaient plutôt deux des explosions à des Ukrainiens souhaitant rompre les lignes de ravitaillement rebelles.

Les insurgés contrôlent le bâtiment de l'administration à Donetsk et les points de contrôle en banlieue. Ils ne subissent par ailleurs que très peu de résistance de la part des forces de police ou des responsables gouvernementaux de la ville. Il n'est cependant pas possible de savoir s'ils seront en mesure d'offrir une défense solide face à une attaque de l'armée ukrainienne. Celle-ci a démontré sa puissance de feu supérieure en repoussant une tentative rebelle de s'emparer de l'aéroport de Donetsk en mai, une bataille durant laquelle plusieurs dizaines de rebelles ont été tués.

Des experts estiment malgré tout que reprendre Donetsk sera beaucoup plus dur que de reconquérir Slaviansk, une ville 10 fois plus petite, et pourrait entraîner des combats de rue avantageant les rebelles.

Il n'y avait pas de nouvelles, lundi, de la part du président ukrainien Petro Porochenko, qui avait promis d'entamer vendredi des négociations sur une nouvelle trêve. Un groupe de contact de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe s'est réuni dimanche à Kiev pour discuter de la situation à Donetsk, mais les rebelles ne se sont pas présentés et aucune avancée n'a été rapportée.