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07/07/2014 05:53 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Turquie: le pouvoir ordonne une offensive judiciaire contre le mouvement Gülen (presse)

Le pouvoir turc a lancé une vaste enquête judiciaire contre le mouvement religieux du prédicateur exilé Fethullah Gülen, l'ennemi du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, son ex-allié, rapporte lundi la presse turque.

La direction nationale de la sûreté a adressé le 25 juin à la police de 30 provinces de Turquie, l'ordre de sévir contre les membres et les ramifications de cette influente confrérie, accusée de comploter contre le régime de M. Erdogan et de vouloir "renverser l'ordre constitutionnel", précise le journal en ligne Radikal.

La police est notamment sommée d'enquêter pour établir si le mouvement Hizmet (service en turc) de M. Gülen, qui vit depuis 1999 aux Etats-Unis, est une "organisation armée" et sur l'implication présumée de policiers proches du mouvement dans des assassinats qui ont choqué la Turquie ces dix dernières années, comme celui en 2007 du journaliste turco-arménien, Hrant Dink.

Le pouvoir turc demande d'autre part à la police nationale de lancer une véritable chasse à l'homme sur le territoire pour établir l'identité au sein de la police, l'armée et des services de renseignement des membres de la confrérie, de les surveiller et procéder éventuellement à des écoutes à leur encontre.

Les élèves des écoles privées que dirige la communauté musulmane de Gülen sont aussi dans le collimateur de la police qui a reçu l'ordre de recueillir des renseignements à leur égard, affirme Radikal.

M. Erdogan, candidat donné gagnant à la présidentielle d'août, a rompu avec Fethullah Gülen, qui avait soutenu son accession au pouvoir en 2002, accusant son organisation d'avoir manipulé une enquête de corruption inédite lancée en décembre dernier visant sa personne et son entourage pour renverser son régime.

Depuis, la guerre est lancée. Le pouvoir turc a procédé à une purge massive au sein de la police et de la magistrature contre ce qu'il appelle "l'Etat parallèle".

Dimanche encore M. Erdogan a promis de lutter "avec de plus de force encore" s'il était élu contre le mouvement Gülen, qui dirige officiellement un réseau d'écoles et des oeuvres de charité.

BA/sjw/ros