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07/07/2014 12:40 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Scrutin présidentiel afghan:les résultats préliminaires sont finalement dévoilés

KABOUL - Selon un décompte préliminaire, Ashraf Ghani Ahmadzaï est le meneur au controversé scrutin présidentiel afghan, qui est miné par des allégations de fraude massive.

La commission électorale refuse toutefois de désigner un vainqueur, puisque plusieurs millions de bulletins de vote font l'objet d'une révision.

L'annonce est intervenue alors que cet ancien ministre des Finances et son rival Abdullah Abdullah se trouvent dans une impasse, ce dernier refusant d'accepter le verdict populaire tant et aussi longtemps que tous les bulletins problématiques n'auront pas été invalidés.

Plusieurs partisans de M. Ahmadzaï n'ont toutefois pas attendu les résultats officiels pour célébrer. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Kaboul et dans la ville de Kandahar (sud), faisant résonner des tambours et dansant après avoir appris la nouvelle.

La Commission électorale indépendante a reconnu qu'il y a bel et bien eu des irrégularités durant le vote, et elle a promis de mener une enquête complète avant que les résultats finaux ne soient dévoilés.

Au total, environ 7000 des 23 000 bureaux de vote feront l'objet d'un audit.

«Nous ne pouvons ignorer le fait qu'il y a eu des problèmes techniques et que de la fraude a eu lieu pendant le processus électoral», a déclaré le président de la commission, Ahmad Yousuf Nouristani. «Nous ne nions pas qu'il y ait eu fraude; certains gouverneurs et responsables gouvernementaux sont impliqués.»

Selon M. Nouristani, Ashraf Ghani Ahmadzaï aurait récolté 4,5 millions de voix, tandis que 3,5 millions de citoyens auraient plutôt choisi de se ranger derrière Abdullah Abdullah. Le taux de participation s'est établi à plus de 50 pour cent, a précisé un porte-parole.

M. Abdullah, un ancien ministre des Affaires étrangères, avait largement dominé lors du premier tour de l'élection présidentielle, en avril. Il a tout de même indiqué que son entourage avait été témoin de cas de «bourrage d'urnes» et d'autres irrégularités, le poussant à suspendre sa collaboration avec des responsables électoraux.

L'Union européenne avait également exprimé des inquiétudes en lien avec des «signes hautement préoccupants d'une possible fraude à large échelle». De leur côté, les États-Unis ont eux aussi appelé à la prudence. «Nous avons vu l'annonce d'aujourd'hui [lundi] concernant les résultats préliminaires, et notons que ces données ne sont pas finales ni officielles, et pourraient ne pas prédire le résultat ultime, qui pourrait changer en fonction des constatations des organismes électoraux afghans. De graves allégations de fraude ont été présentées et doivent encore faire l'objet d'une enquête en profondeur», a déclaré la porte-parole du département d'État Jen Psaki par voie de communiqué.

Selon elle, plus de trois millions de bulletins de vote pourraient être concernés, mais elle a toutefois estimé que le recomptage et les enquêtes pour fraude pourraient être complétées à temps pour l'assermentation prévue le 2 août.