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07/07/2014 10:33 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Moscou et Sofia espèrent un redémarrage de South Stream

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et ses hôtes bulgares se sont déclarés lundi à Sofia confiants dans une reprise du projet de gazoduc South Stream, suspendu par la Bulgarie sous la pression de Bruxelles.

"Nous espérons que la Commission européenne adoptera une approche raisonnable (... ) sans politiser" le projet South Stream, a souligné M. Lavrov dans une conférence de presse.

"J'espère que les entretiens (avec Bruxelles) seront couronné de succès", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Plamen Orecharski s'est dit de son côté "optimiste" que Bruxelles accepte "les très bons arguments" présentés par la Bulgarie en faveur de la construction du tronçon bulgare du gazoduc. Le ministre des Affaires étrangères Kristian Viguenin s'est même déclaré "confiant dans une reprise (du projet) très prochainement".

La Bulgarie avait suspendu le 8 juin, sous la pression de Bruxelles et de Washington, les préparatifs au lancement de la construction sur son territoire du gazoduc South Stream, qui doit fournir du gaz russe vers l'Europe sous la Mer Noire en contournant l'Ukraine.

La Commission européenne, qui estime que les règles européennes pour les marchés publics n'avaient pas été respectées, notamment sur l'accès de pays tiers, avait adressé une lettre d'avertissement aux autorités bulgares, première étape d'une procédure d'infraction.

M. Lavrov a souligné que l'accord intergouvernemental entre la Russie et la Bulgarie avait été signé dès janvier 2008, bien avant l'adoption en 2009 du troisième paquet de l'UE de libéralisation du marché de l'électricité et du gaz.

"Nous respectons le troisième paquet, mais il ne peut pas être rétrospectif, selon le droit international", a-t-il déclaré.

Par ailleurs "il y a beaucoup d'exemples où la Commission européenne fait des exceptions au troisième paquet, en ce qui concerne l'accès des pays tiers, notamment pour le gazoduc transatlantique TAP", a-t-il ajouté.

Mené par Gazprom et le groupe énergétique italien Eni, South Stream doit relier la Russie à la Bulgarie via la mer Noire en contournant l'Ukraine, avant de poursuivre vers la Grèce et l'Italie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et l'Autriche.

Évalué à 16 milliards d'euros, South Stream a été lancé en Russie en 2012. Il aura une capacité de 63 milliards de m3 par an, l'équivalent des achats de gaz de l'UE transitant par l'Ukraine.

Sa construction en Bulgarie devait commencer cet été.

La Bulgarie, qui dépend presque entièrement des livraisons de gaz russe via l'Ukraine, compte sur South Stream pour "diversifier les trajets" des livraisons.

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