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07/07/2014 12:01 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Coach, entre joueur de poker et prof chahuté

En Italie, on les appelle "Mister" ou "Professore" mais au Mondial-2014 au Brésil, les sélectionneurs encore en course ont plutôt des profils de joueurs de poker, de professeur chahuté, de père de famille soucieux ou de gendre idéal rusé.

. Felipao, père de famille soucieux

Luiz Felipe Scolari, sosie quasi officiel à 65 ans de Gene Hackman, est d'abord au Brésil l'homme du dernier titre de champion du monde en 2002. Celui qui fut aussi sélectionneur du Portugal et coach de Chelsea avait une aura de sergent chef. Mais "Felipao" (le "grand Philippe") est apparu ces derniers temps comme un père de famille soucieux. A l'issue du quart de finale remporté contre la Colombie, son défenseur David Luiz, en conférence de presse, lui a donné une bise-accolade. Mais un autre de ses enfants, Neymar, venait d'être blessé et "papa" Scolari savait déjà qu'il ne pourrait plus compter sur lui. Felipao a dû aussi gérer les nerfs fragiles de sa petite famille, quand plusieurs joueurs ont éclaté en larmes en 8e de finale, avant, pendant et après une séance de tirs au but haletante face au Chili. Le coach a eu le bon réflexe en appelant à la rescousse Regina Brandao, maman poule psychologue qui a regonflé le moral de garçonnets redevenus des guerriers au match suivant face à la Colombie.

. Löw, gendre idéal rusé

Les images de ses balades, short saumon, tee-shirt col en V, Ray-Ban et écouteurs, le long de la plage non loin du camp de base de la Mannschaft, régalent les télés allemandes. Joachim Löw, 54 ans, ancien adjoint de Jürgen Klinsmann à la tête de l'équipe allemande (2004-06), a transformé la sélection, lui conférant un jeu attrayant, loin des clichés d'une machine à défendre et à jouer dur. Avec lui, l'Allemagne a été en finale de l'Euro-2008 et en demi-finales du Mondial-2010 et de l'Euro-2012. Il ne manque plus qu'un titre majeur pour consacrer ce technicien brun aux allures de gendre idéal. L'homme ne manque pas d'idées. Contre la France en quart de finale, il n'a pas hésité à rebattre les cartes. Il a ainsi fait repasser Lahm du milieu de terrain à son poste naturel sur le couloir droit. Résultat ? Griezmann, électron libre de l'attaque française, a été étouffé dans son couloir. Du flair en somme.

. Van Gaal, joueur de poker

Le futur coach de Manchester United, 62 ans, a un physique à jouer les anciens boxeurs dans un film de John Huston. Mais c'est en joueur de poker qu'il est entré dans la légende. En quart de finale contre le Costa Rica, Louis Van Gaal a fait entrer son gardien remplaçant Krul, à la dernière minute de la prolongation, alors que le titulaire du poste n'était pas blessé. Uniquement pour la séance de tirs au but ! Incroyable ? Oui. Insensé ? Non. Krul, gardien de Newcastle, a défié du regard et de la voix chaque tireur adverse et a arrêté deux tirs des "Ticos". L'ancien coach du Barça et du Bayern est devenu un gourou. Son vestiaire ne contestera plus jamais une de ses décisions, ni en sélection ni à United la saison prochaine. Et sa composition d'équipe sera attendue fébrilement par son homologue argentin Sabella avant la demi-finale mercredi.

. Sabella, prof chahuté

A 59 ans, Alejandro Sabella a des airs de professeur de littérature un peu étourdi. En quart de finale, devant une occasion ratée par un de ses joueurs, il a fermé les yeux et s'est laissé tomber à la renverse, prenant conscience in extremis qu'il pouvait vraiment se faire très mal. La Twittosphère s'en est emparée à coups de photo-montage, le montrant défiant l'apesanteur dans une chorégraphie aux côtés de Michael Jackson. Dans ce Mondial, Sabella, surnommé "Pachorra", celui qui ne s'énerve jamais, est un prof un peu chahuté. Physiquement par Lavezzi qui l'a arrosé avec sa bouteille d'eau pendant que son coach lui donnait des consignes. Verbalement par Messi qui a critiqué entre les lignes ses schémas tactiques au début. Mais cela n'ira pas plus loin: Sabella avait bien préparé son Mondial. Il n'a pas retenu Tevez, qui prend trop d'espace dans le groupe, et aligne une équipe où Messi a toutes les libertés. Ce que Maradona n'avait pas réussi à faire comme coach il y a quatre ans.

pgr/pga/jta