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07/07/2014 04:46 EDT | Actualisé 05/09/2014 05:12 EDT

Manifestation de l'opposition en plein regain de tension au Kenya

Plusieurs milliers de Kényans étaient réunis lundi à Nairobi pour une manifestation de l'opposition placée sous forte surveillance policière, en plein regain de tension après de nouveaux raids meurtriers près de la côte touristique.

Le chef de l'opposition, Raila Odinga, a appelé ses partisans à se réunir au parc Uhuru, en plein coeur de la capitale, pour dénoncer la politique du gouvernement, notamment l'insécurité, la corruption et des nominations dictées selon lui par des critères ethniques.

Des policiers procédaient à des fouilles sur les manifestants qui gagnaient le lieu du rassemblement, censé démarrer autour de midi (09H00 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation, baptisée "Saba Saba" ("7/7" en swahili, pour 7 juillet), a une forte charge symbolique: c'était déjà sous le mot d'ordre "Saba Saba" que l'opposition de l'époque avait, durant les années 1990, organisé des marches pour réclamer le multipartisme.

La police a annoncé le déploiement de 15.000 agents, alors que le pays est déjà en alerte par crainte des islamistes somaliens shebab, affiliés à Al-Qaïda, décidés à punir le Kenya pour son engagement militaire en Somalie.

Les shebab ont revendiqué deux nouvelles attaques, perpétrées dans la nuit de samedi à dimanche dans la région proche de l'archipel touristique de Lamu (sud-est), qui ont fait au moins 21 morts.

C'est dans la même région qu'une soixantaine de personnes avaient été massacrées à la mi-juin. Ces raids avaient aussi été revendiqués par les shebab, mais le président Uhuru Kenyatta avait mis en cause des "réseaux politiques locaux" et dénoncé des "violences ethniques aux motivations politiques".

Après les attaques du week-end, la police a accusé un groupe séparatiste, le Conseil républicain de Mombasa (MRC), qui réclame l'indépendance de la côte de l'océan Indien.

Le climat est encore alourdi par la mort d'une touriste russe, abattue dimanche par des hommes armés à Mombasa, la grande ville portuaire du littoral (à quelque 300 km de la zone des dernières attaques). Selon les autorités, elle a été victime de la "délinquance ordinaire".

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