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07/07/2014 12:27 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

L'opposant extradé en Ethiopie risque d'y être exécuté (HRW)

Un dirigeant de l'opposition éthiopienne en exil extradé la semaine dernière vers Addis Abeba risque d'être exécuté après avoir été condamné à mort dans son pays, a déclaré lundi Human Rights Watch.

Andargachew Tsige, secrétaire général de Ginbot 7, une organisation basée aux Etats-Unis et qualifiée de "terroriste" en Ethiopie, avait été arrêté le mois dernier au Yémen où il se trouvait en transit.

Confirmant une information donnée vendredi dernier par Ginbot 7, l'organisation de défense des droits de l'homme écrit dans un communiqué que l'opposant a été livré au Yémen.

"Le Yemen a violé ses obligations à l'égard du droit international en expulsant en Ethiopie quelqu'un qui non seulement y risque la torture mais aussi d'être exécuté après avoir été condamné à la peine de mort par contumace" à la suite de deux procès en 2009 et 2012, a précisé la directrice adjointe de HRW pour l'Afrique Leslie Lefkow.

L'Ethiopie a déclaré vendredi ignorer si l'opposant qui possède aussi la nationalité britannique avait été extradé et s'il se trouvait à Addis Abeba. Mais le gouvernement britannique a exprimé le même jour sa "profonde préoccupation" à son sujet.

Selon Mme Lefkow, "l'Ethiopie doit démontrer que la détention d'Andargachew est conforme à ses obligations internationales et et il doit être autorisé à avoir immédiatement accès à un avocat, à sa famille et une assistance consulaire de la Grande-Bretagne".

Ginbot 7 a été fondée par l'ancien maire d'Addis Abeba, Berhanu Nega, qui vit en exil aux Etats-Unis.

Plusieurs personnes ont été condamnées en 2012 au nom de la législation anti-terroriste éthiopienne pour leurs relations avec le groupe Ginbot 7, dont le journaliste Eskinder Nega et le dirigeant de l'opposition Andualem Arage.

La loi éthiopienne sur le terrorisme est régulièrement dénoncée comme trop vague par les organisations de défense des droits de l'homme, selon qui les autorités éthiopiennes l'utilisent pour étouffer l'opposition politique et la liberté de la presse.

Ginbot 7 dit lutter pour la démocratie et prône le renversement violent du parti au pouvoir.

Son nom rappelle une date du calendrier éthiopien équivalant au 15 mai dans le calendrier grégorien. Le 15 mai 2005, des législatives avaient été remportées par la coalition au pouvoir mais entachées de nombreuses fraudes, selon l'opposition, qui enregistrait les meilleurs scores de son histoire. La répression de manifestations post-électorales avait fait plus de 200 morts parmi les opposants.

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