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07/07/2014 05:41 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

L'exécutif français assume son "réformisme" face au partenaires sociaux

L'exécutif socialiste français affiche son "réformisme" pour remettre "en marche" un pays "tétanisé", avant l'ouverture d'une conférence sociale sous haute tension, les syndicats accusant le Premier ministre Manuel Valls de céder aux injonctions du patronat.

Manuel Valls, qui achève mardi ses cent premiers jours à la tête du gouvernement, a décrit dimanche une France "entravée, coincée, tétanisée" et plaidé pour une gauche "qui met la société en mouvement", une gauche "qui marche", lors d'un déplacement dans le Gard (sud).

Chef du gouvernement depuis le 31 mars, M. Valls a défendu un "réformisme assumé", une ligne qu'il exposera à nouveau mardi, à la clôture de la 3e conférence sociale du quinquennat de François Hollande.

A quelques heures de l'ouverture de cette conférence, la présence de tous les syndicats était encore incertaine. Certains d'entre eux (le plus important CGT et celui majoritaire chez les fonctionnaires FO) envisageaient de bouder les sept tables rondes inscrites au programme pour manifester leur mécontentement devant de récentes concessions accordées au patronat.

Ils seront en revanche tous présents à la rencontre à huis-clos avec le président François Hollande convoquée en début d'après-midi, avant l'ouverture proprement dite, et sans doute à son discours d'ouverture.

La 3e grand-messe sociale du quinquennat du président socialiste se tient au moment où la reprise économique tant annoncée se fait toujours attendre, avec des secteur d'activité sinistrés (bâtiment) et un chômage record.

"L'enjeu de la conférence, ce sera avant tout l'emploi", dit-on au ministère du Travail, alors que plus de 3,3 millions de personnes n'ont aucune activité, près d'un demi-million de plus que lors de l'arrivée au pouvoir de François Hollande en mai 2012.

Avec ces rendez-vous réguliers, M. Hollande espère sortir la France de la culture de la confrontation qui marque les relations entre patronats et syndicats. "Un pays où il y a du dialogue social, c'est un pays qui va bien", a assuré lundi le ministre du Travail François Rebsamen.

Le Medef, principale organisation patronale, avait le premier évoqué la semaine dernière une "éventualité de boycott" si le "compte pénibilité", une des mesures phares de la réforme des retraites permettant à certains salariés de partir plus tôt, n'était pas reporté.

- "Take the money and run" -

Après le recul de Manuel Valls sur ce sujet, ce fut au tour des syndicats de manifester leur mécontentement en accusant le gouvernement de céder aux "injonctions" du patronat.

Les syndicats devraient s'exprimer après la rencontre à huis-clos avec M. Hollande et son discours en séance plénière, une occasion pour le président français de faire le point sur le pacte de responsabilité sur lequel il compte pour sortir le pays du chômage de masse.

Ce "pacte", qui a consacré aux yeux de la gauche française le virage "social-démocrate" du président, prévoit 40 milliards d'euros d'aide aux entreprises contre la création d'un demi-million d'emplois d'ici à 2017. Ce plan est présenté par M. Hollande comme "le plus grand compromis social depuis des décennies".

Mais le chef du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a exprimé lundi l'opinion d'une bonne partie de la gauche selon laquelle "la culture du Medef (principale organisation patronale) c'est +take the money and run+ (prend l'oseille et tire toi)".

M. Valls a promis de procéder à un "bilan" des engagements pris par le patronat en terme d'emploi et d'investissement avant de lui accorder de nouvelles aides dans le cadre du pacte.

"Il est temps" que le patronat "reconnaisse l'effort que la Nation consent pour le soutenir" avec le pacte de responsabilité et "s'engage pleinement pour la création d'emplois", a-t-il déclaré dimanche.

M. Valls a aussi plaidé que "cent jours, ce n'est qu'un début pour remettre notre pays en marche".

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