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07/07/2014 07:32 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Le pape François recoit pour la première fois six victimes de prêtres pédophiles

Le pape François a rencontré longuement et chaleureusement lundi pour la première fois au Vatican six victimes de prêtres pédophiles, a annoncé son porte-parole.

Ces victimes -- deux d'Allemagne, deux de Grande-Bretagne, deux d'Irlande --, trois hommes et trois femmes, ont été reçues par Jorge Mario Bergoglio à la résidence Sainte-Marthe où il réside depuis son élection en mars 2013.

Après une messe dans sa chapelle où il s'est exprimé "de manière dense et forte" contre la pédophilie, le pape a rencontré chaque victime, accompagnée d'un interprète, pendant plus d'une demi-heure chacune, a dit le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège.

"Elles ont appréciées d'être écoutées avec beaucoup d'attention et de disponibilité", a remarqué le père Lombardi, estimant que "cette écoute" de chacun en particulier par le pape entendait "ouvrir une route constructive" dans l'Eglise, afin de "guérir les blessures" de toutes les victimes.

Les six victimes étaient arrivées dès la veille à la résidence Sainte-Marthe, où elles ont passé la nuit. Le pape les avait salués la veille brièvement.

Cet entretien au format intime, que le pape lui-même avait annoncé fin mai, était très attendu, les associations de victimes s'étonnant qu'il n'ait pas déjà eu lieu et estimant que le Vatican n'en fait pas assez dans la lutte contre le fléau pédophile.

Le pape a plusieurs fois annoncé sa politique de "tolérance zéro", soulignant vouloir imposer des "sanctions très sévères" et comparant tout prêtre qui abuse d'un enfant à quelqu'un qui commet le pire sacrilège religieux, "une messe noire". Il a constitué une commission d'experts pour la protection de l'enfance au sein des institutions de l'Eglise catholique.

Cette rencontre avec les victimes, qui suit celles que Benoît XVI avait eues pendant plusieurs de ses voyages, a eu lieu pour la première fois au Vatican même.

Le scandale qui a été révélé dans les années 2000, a touché des dizaines de milliers d'enfants, dans des pays allant de l'Irlande aux Etats-Unis. Les faits remontent surtout aux années 60 et 70. L'Eglise est accusée d'avoir souvent toléré et parfois protégé les criminels, sans entendre la voix des victimes.

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