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07/07/2014 07:44 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

John Kerry s'envole pour Pékin sur fond de tensions sino-américaines

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, s'est envolé lundi pour la Chine où l'attend une série de dossiers épineux qui ont mis à mal les relations sino-américaines ces derniers mois, du cyber-espionnage aux tensions maritimes entre Pékin et ses voisins.

La délégation américaine, qu'emmènent le chef de la diplomatie américaine et le secrétaire au Trésor Jacob Lew, doit avant tout participer au sixième Dialogue économique et stratégique américano-chinois, mercredi et jeudi.

Selon le département d'Etat, y seront abordés les "défis et opportunités pour les deux pays sur des sujets d'ordre bilatéral, régional et mondial".

Mais, en dépit de la volonté affichée de l'administration Obama de faire de l'Asie le "pivot" de sa politique étrangère, les relations sino-américaines ont traversé de fortes turbulences ces derniers mois, avec, notamment, l'inculpation en mai par la justice américaine de cinq officiers chinois pour piratage informatique et espionnage économique.

De l'avis d'experts, cette décision relève du symbolique - il est peu probable que les inculpés se présentent devant un tribunal américain -, mais Pékin a promptement réagi en se retirant d'un groupe de travail sur la sécurité informatique.

En amont de ce voyage, Daniel Russel, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie centrale et le Pacifique, avait expliqué à l'AFP que John Kerry comptait évoquer le dossier lors de ses entretiens avec le conseiller des Affaires d'Etat, Yang Jiechi, et le vice-Premier ministre, Wang Yang.

"Il y a urgence. Les Etats-Unis et la Chine doivent coopérer pour contribuer à mettre en place des normes internationales" en matière de sécurité sur l'internet, avait dit ce haut responsable.

L'autre dossier chaud concerne les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale et en mer de Chine orientale, à l'origine de vives tensions avec des alliés asiatiques de Washington, dont le Japon.

Les Etats-Unis assurent ne pas prendre parti dans ces différends, mais, à l'image du secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, ils ont accusé la Chine d'entreprendre des "actions de déstabilisation" et averti qu'ils ne resteraient pas passifs si l'ordre mondial était menacé.

Enfin, le yuan, la monnaie chinoise que les Etats-Unis considèrent comme sous-évaluée, devrait aussi faire partie des discussions. Tout en s'abstenant d'accuser Pékin de manipuler sa monnaie -- une accusation qui pourrait déclencher des sanctions --, le secrétaire au Trésor exhorte Pékin à amener le yuan à des taux de change déterminés par le marché.

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