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07/07/2014 12:50 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

GB: les espions russes à Cambridge étaient "constamment ivres"

Les espions russes opérant en Grande-Bretagne à la fin des années 40 étaient "alcooliques" et "incompétents", révèlent des documents transmis aux autorités britanniques par un ancien archiviste du KGB en 1992 et rendus publics pour la première fois lundi à Cambridge.

Au Churchill Archive Center de Cambridge, les visiteurs peuvent désormais consulter dix-neuf cartons remplis de documents collectés par Vasili Mitrokhin, archiviste des services secrets russes entre 1972 et 1984. De cette pile d'archives --la plus complète de l'histoire de l'espionnage d'après le FBI américain-- ressortent les noms de plus de deux cent espions de nationalité britannique ayant travaillé pour le KGB.

Dont un groupe de cinq agents recrutés dans les années 1930 à l'Université de Cambridge et qui occupaient différents postes aux services de renseignements intérieurs (MI5) et extérieurs (MI6) britanniques.

Les documents peignent un portrait peu flatteur des cinq membres du "Cambridge Five". L'un d'entre eux, Donald Duart Maclean, y est décrit comme quelqu'un de "constamment alcoolisé" et de "pas très doué pour garder les secrets".

Ivre, il aurait révélé travailler pour le KGB à sa compagne et à son frère.

Guy Burgess, lui aussi "constamment sous l'emprise de l'alcool", a fait tomber par terre des dossiers volés au ministère des Affaires étrangères, au moment de sortir du pub.

Mais les archives donnent aussi un aperçu du travail fourni par ces agents en plein milieu de la Deuxième guerre mondiale et, ensuite, pendant la guerre froide. Guy Burgess avait par exemple réussi à transmettre aux Russes pas moins de 389 documents secrets dans les six premiers mois de 1945, ainsi que 168 autres en décembre 1949.

Les archives de Mitrokhin révèlent par ailleurs que les Soviétiques avaient installé des caches d'armes légères pour leurs agents "autour des principales villes" des pays appartenant à l'OTAN, comme à Rome ou à Berne.

"L'ampleur et la force de cette collection nous offrent un aperçu inédit des activités du KGB sur la majeure partie de la guerre froide", explique le professeur Christopher Andrew, premier historien à avoir travaillé sur ces archives et vieil ami de Mitrokhin, décédé en 2004 à l'âge de 81 ans.

Déçu par le parti communiste de l'Union Soviétique, l'ancien employé du KGB avait profité de son accès illimité aux archives pour prendre des notes et en faire des copies, avant de les transmettre à l'ambassade britannique en 1992.

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