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07/07/2014 09:30 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

France: le premier syndicat boycotte la conférence sociale

Face au réformisme affiché par le pouvoir socialiste, le premier syndicat français, la CGT, a pris la décision inédite de boycotter la seconde journée de la conférence sociale mardi, portant un coup dur à ce rendez-vous annuel destiné à préparer les mesures face au chômage de masse.

Le président François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls ont ouvert lundi en début d'après-midi à Paris la conférence sociale, dont la seconde journée, mardi, sera boycottée par la CGT.

Accusant Manuel Valls de céder aux injonctions du patronat, la CGT a décidé qu'elle ne participerait pas mardi aux sept tables rondes prévues autour de 11 ministres, ni au discours de clôture de Manuel Valls dans l'après-midi, a appris l'AFP auprès d'une source syndicale.

Mais la CGT a maintenu sa présence à la réunion à huis clos lundi avec François Hollande, qui doit s'exprimer dans l'après-midi en séance plénière, l'occasion pour lui de faire le point sur le pacte de responsabilité, un ensemble de mesures sur lesquelles il compte sortir le pays de l'ornière.

De son côté, s'affirmant en "colère" contre le Premier ministre qu'il accuse de "mépris" à l'égard des syndicats et décidé à "marquer le coup", Jean-Claude Mailly, numéro un du syndicat Force ouvrière (majoritaire chez les fonctionnaires) a lui aussi laissé plané la menace d'un boycott, avant la réunion des instances du syndicat.

Pour les syndicats, les motifs de mécontentement s'accumulent. La CGT et FO, opposés depuis le début au pacte de responsabilité, qu'ils ont rebaptisé "pacte d'austérité", ont très mal pris les récentes décisions du Premier ministre sur le report partiel du compte pénibilité et sa proposition d'une simplification du code du Travail.

Accusant le gouvernement de céder au "chantage" du patronat, ils ont aussi reproché à Manuel Valls de ne pas les avoir consultés.

Le "pacte de responsabilité", qui a consacré aux yeux de la gauche française le virage "social-démocrate" du président, prévoit 40 milliards d'euros d'aide aux entreprises contre la création d'un demi-million d'emplois d'ici à 2017. Ce plan est présenté par M. Hollande comme "le plus grand compromis social depuis des décennies".

- "Take the money and run" -

Face aux critiques, Manuel Valls, qui achève mardi ses cent premiers jours à la tête du gouvernement, a décrit dimanche une France "entravée, coincée, tétanisée" et plaidé pour une gauche "qui met la société en mouvement", une gauche "qui marche", lors d'un déplacement dans le Gard (sud).

Chef du gouvernement depuis le 31 mars, M. Valls a défendu un "réformisme assumé", une ligne qu'il doit exposera à nouveau mardi, à la clôture de la 3e conférence sociale du mandat du président François Hollande.

La 3e grand-messe sociale du mandat du président socialiste se tient au moment où la reprise économique tant annoncée se fait toujours attendre, avec des secteurs d'activité sinistrés (bâtiment) et un chômage record.

"L'enjeu de la conférence, ce sera avant tout l'emploi", dit-on au ministère du Travail, alors que plus de 3,3 millions de personnes n'ont aucune activité, près d'un demi-million de plus que lors de l'arrivée au pouvoir de François Hollande en mai 2012.

Avec ces rendez-vous réguliers, M. Hollande espère sortir la France de la culture de la confrontation qui marque les relations entre patronats et syndicats. "Un pays où il y a du dialogue social, c'est un pays qui va bien", a assuré lundi le ministre du Travail François Rebsamen.

Le Medef, principale organisation patronale, avait le premier évoqué la semaine dernière une "éventualité de boycott" si le "compte pénibilité", une des mesures phares de la réforme des retraites permettant à certains salariés de partir plus tôt, n'était pas reporté.

Après le recul de Manuel Valls sur ce sujet, ce fut au tour des syndicats de manifester leur mécontentement en accusant le gouvernement de céder aux "injonctions" du patronat.

Mais le chef du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a exprimé lundi l'opinion d'une bonne partie de la gauche selon laquelle "la culture du Medef (principale organisation patronale) c'est +take the money and run+ (prend l'oseille et tire toi)".

M. Valls a promis de procéder à un "bilan" des engagements pris par le patronat en termes d'emploi et d'investissement avant de lui accorder de nouvelles aides dans le cadre du pacte.

"Il est temps" que le patronat "reconnaisse l'effort que la Nation consent pour le soutenir" avec le pacte de responsabilité et "s'engage pleinement pour la création d'emplois", a-t-il déclaré dimanche.

M. Valls a aussi plaidé que "cent jours, ce n'est qu'un début pour remettre notre pays en marche".

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