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07/07/2014 01:40 EDT | Actualisé 07/07/2014 01:40 EDT

Deltron 3030 au Festival de Jazz: sympathique mais pas grandiose (PHOTOS)

David Kirouac

C'est le groupe de hip hop alternatif Deltron 3030 qui clôturait dimanche soir la programmation extérieure du 35e Festival International de Jazz de Montréal.

Le supergroupe américain avait frappé fort au tournant du millénaire avec son album concept éponyme et a mis 13 ans avant de récidiver. Maintenant forts d'un deuxième album solide, Event II (2013), le rappeur Del the Funky Homosapien, le producteur Dan the Automator et le DJ Kid Koala avaient tout le matériel pour combler les spectateurs rassemblés sur la Place des Arts ce dimanche.

Mais pour un événement de clôture, le spectacle manquait d’ampleur. Oui, la foule a été contentée, mais on ne lui en a pas mis plein la vue.

Entrecoupé d’extraits échantillonnés et narrés par des célébrités (comme Damon Albarn pour State of the Nation et Joseph Gordon Levitt pour Stardate), le spectacle s’est montré plutôt égal avec son hip hop qui ne varie pas beaucoup d’une chanson à l’autre. Et seules les rangées de spots en fond de scène amenaient un peu de dynamisme à une scène plutôt statique.

Une section de cordes et une autre de cuivres accompagnaient le trio et ajoutaient pourtant une belle texture orchestrale. La section des cuivres s’est particulièrement démarquée et c’est grâce à son concours que certaines pièces se sont détachées du lot et étaient plus accrocheuses. Pensons à 3030, Melding of the Minds, Memory Loss et l’excellente City Rising From the Ashes.

Les cordes, un peu plus discrètes, ont aussi connu de beaux moments. Sur Mastermind, elles apportaient une touche obscure en évoluant sur des notes basses, alors qu’elles se faisaient maîtresses en finale de My Only Love.

Toujours rythmé, le hip hop de Deltron 3030 était assez relax, mais s’est intensifié par-ci, par-là, notamment avec Positive Contact, Agony et Nobody Can pour laquelle Dan the Automator a entraîné la foule à chanter le refrain.

Bien que sympathique, le groupe a eu du mal à établir une complicité avec le public, avec ses rares et timides interventions. Les spectateurs applaudissaient poliment après chaque morceau, mais ce n’est que vers la fin du spectacle, à partir du solo du virtuose des platines Kid Koala, qu’on a senti les applaudissements plus sincères.

L’énergie a alors monté d’un cran sur scène - peut-être a-t-on été revigoré par les acclamations? - et le groupe a livré les dernières pièces en force devant un public qui commençait aussi à se dégourdir.

Une mélodieuse Do You Remember a insufflé un peu de douceur à ce show frisquet, avant la chanson finale, Clint Eastwood, qui n’allait pas décevoir. Là, on a mis le paquet et l’interprétation était très réussie. Dès les premières notes, la foule enthousiasmée s’est fait entendre et a chanté jusqu'à la fin. Sur fond de jeux de lumières spectaculaires, le hit de Gorillaz s'est terminé sur une puissante finale instrumentale.

Dommage que la seule chanson de la soirée à avoir fait autant réagir n’était pas une chanson originale du groupe…

Un bon spectacle en somme, mais qui n’avait peut-être pas l’étoffe d’un événement de clôture.

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