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07/07/2014 06:14 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

CPI: 3 témoins congolais, demandeurs d'asile, expulsés des Pays-Bas (avocat)

Trois Congolais ayant témoigné en 2011 devant la Cour pénale internationale puis demandé l'asile aux Pays-Bas ont été renvoyés en République démocratique du Congo malgré des craintes pour leur sécurité, a-t-on appris lundi auprès de leur avocat.

Leur expulsion marque la fin d'un casse-tête judiciaire de plus de trois ans pour la CPI et son pays hôte, les Pays-Bas : ces anciens miliciens avaient été les premiers témoins de la CPI, entrée en fonction en 2003 à La Haye, à demander l'asile aux Pays-Bas.

Floribert Ndjabu, Pierre Célestin Mbodina et Manda Charif disaient craindre pour leur vie après avoir incriminé le président congolais Joseph Kabila dans leur témoignage et refusaient dès lors d'être renvoyés dans leur prison à Kinshasa.

"Ils ont été renvoyés hier", a déclaré à l'AFP Goran Sluiter, un des avocats des trois hommes : "nous sommes vraiment déçus". "Nous n'avons jusqu'à présent pas été informés de leur bonne arrivée ou non".

Au terme d'une longue procédure impliquant aussi bien la CPI que les autorités néerlandaises, le Conseil d'Etat néerlandais avait décidé le 27 juin que les trois témoins pouvaient être renvoyés en RDC.

Les juges avaient estimé que la RDC avait fourni suffisamment de garanties quant à leur sécurité, notamment qu'ils ne seraient pas condamnés à mort.

Plusieurs ONG avaient pourtant appelé le gouvernement néerlandais à ne pas les renvoyer en RDC. Les trois hommes se trouvaient dans un centre de détention néerlandais depuis le 4 juin après avoir résidé depuis mars 2011 au centre de détention de la CPI.

"C'est décevant que le gouvernement néerlandais ait pris le risque d'être complice de possibles violations des droits de l'Homme", a affirmé Géraldine Mattioli-Zeltner, de l'ONG Human Rights Watch.

"Etre le pays hôte de la CPI et un fervent défenseur des droits de l'Homme demande de faire des efforts", a-t-elle ajouté.

Interrogé par l'AFP, le ministère néerlandais de la Justice n'avait pas encore réagi lundi matin.

Nicole Sprokel, d'Amnesty International, a pour sa part soutenu qu'"il était de la responsabilité du gouvernement néerlandais de s'assurer que les engagements (de la RDC, ndlr) soient respectés".

Les trois hommes avaient témoigné en mars 2011 dans le procès pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre de deux chefs de milice congolais, Mathieu Ngudjolo Chui et Germain Katanga. M. Ngudjolo a finalement été acquitté tandis que M. Katanga a été condamné à 12 ans de prison.

Les trois Congolais avaient aussi incriminé le président Kabila dans leur témoignage, l'accusant d'une attaque en 2003 dans l'Est de la RDC.

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