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07/07/2014 06:01 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Chikungunya: une "menace sanitaire d'envergure" pour le continent américain (étude)

Le virus du chikungunya constitue une "menace sanitaire d'envergure" pour les zones tropicales et subtropicales du continent américain alors qu'une épidémie est en cours aux Antilles, souligne mardi l'Institut de veille sanitaire (INVS) français.

"Des rassemblements de population, tels que la Coupe du monde de football en juin 2014 au Brésil, constituent des situations favorables à la diffusion virale et nécessitent des mesures de prévention spécifique", avertit cet organisme sanitaire public dans un article publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Ce virus, transmis à l'homme par des moustiques, provoque de fortes fièvres et des douleurs articulaires.

Cette maladie, contre laquelle il n'existe aucun traitement spécifique ni vaccin, peut s'avérer très handicapante. Comme la grippe saisonnière, elle peut être fatale pour des personnes affaiblies.

Après avoir émergé brutalement en novembre 2013, dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, le virus s'est progressivement disséminé dans la région des Antilles.

L'épidémie touche aujourd'hui plusieurs pays des Caraïbes, tout particulièrement la Guadeloupe et la Martinique où elle risque de s'intensifier avec la saison des pluies qui entre juillet et novembre, favorisera la multiplication des moustiques, souligne l'INVS.

D'après des chiffres cités la semaine passée par le ministère de la Santé, 90.000 personnes ont été touchées en Guadeloupe et Martinique depuis le début de l'épidémie en décembre.

Il reste difficile de prédire l'évolution de l'épidémie dans ces deux départements en raison de nombreux facteurs liés au climat, à l'environnement et au degré d'immunité de la population.

Ce virus est désormais présent dans de nombreuses îles des Caraïbes et affecte aussi, mais de façon plus "modérée", la Guyane, selon l'INVS.

Sur le continent américain, quelques cas autochtones ont été répertoriés en Amérique centrale, avec huit cas confirmés au Salvador, selon le dernier point diffusé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 3 juillet.

Ces cas autochtones désignent ceux de personnes contaminées localement par des moustiques et non pas ceux de voyageurs contaminés dans une zone connue comme infectée et qui reviennent ensuite avec la maladie dans leur pays.

Aux Etats-Unis, on dénombre plusieurs dizaines de cas mais qui sont officiellement tous des cas importés par des voyageurs, selon l'OMS.

L'INVS met en garde contre les risques élevés d'épidémie dans les pays tropicaux ou subtropicaux du continent américain où les moustiques pullulent.

L'introduction de cette maladie dans des pays "très peuplés" d'Amérique latine où "la population est totalement naïve" face à ce virus, à savoir qu'elle n'a jamais été mis en contact avec le virus, constitue une "menace sanitaire d'envergure", estime l'organisme.

Le sud de l'Europe, où se multiplient désormais les moustiques tigres qui transmettent dengue et chikungunya, est également une zone concernée par les risques d'introduction de cette maladie durant l'été, prévient encore l'Institut.

ot/na/nm