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07/07/2014 12:49 EDT | Actualisé 06/09/2014 05:12 EDT

Arrestation au Mozambique d'un porte-parole de l'opposition

La police mozambicaine a arrêté lundi un porte-parole du parti d'opposition parlementaire issue de l'ancienne guérilla anti-marxiste de la Renamo à sa sortie du palais présidentiel où il participait à des pourparlers de paix, a indiqué la Renamo.

"A notre grande surprise, notre collègue Antonio Pedro Muchunga a été arrêté quelques minutes après la fin de la réunion du conseil d'Etat dans l'enceinte de la présidence", a indiqué à l'AFP Manuel Lole, un collègue de M. Muchunga qui participait lui aussi à la réunion.

M. Muchunga, porte-parole de la Renamo, et M. Lole ont été désignés par la Renamo pour siéger dans le conseil créé pour tenter d'enrayer l'escalade des tensions et de la violence entre l'ancienne guerilla et le gouvernement.

A ce titre, M. Muchunga bénéficiait d'une immunité mais, selon M. Lole, au lieu de consacrer la réunion à la crise politique et militaire larvée qui secoue le pays depuis 2012, les participants ont débattu de la levée de l'immunité de M. Muchunga.

Ce dernier pourrait être poursuivi pour incitation à la violence en sa qualité de porte-parole du chef de la Renamo, Afonso Dhlakama, qui a repris le maquis depuis fin 2012 dans la province de Sofala (centre).

Après la réunion, les services de la présidence mozambicaine n'ont pas fait mention de l'arrestation de M. Muchunga lors de leur habituel point presse.

"Les membres (du conseil) ont appelé la Renamo à cesser les hostilités qui ont causé deuil et souffrance aux Mozambicains et à participer au jeu démocratique du pays", a seulement déclaré un porte-parole présidentiel Edson Macuacua.

La guerre civile au Mozambique a pris fin en 1992 il y a plus de vingt ans mais M. Dhlakama menace de diviser à nouveau le pays sauf à obtenir du gouvernement gain de cause sur toute une liste de revendications, comme l'égale participation de la Renamo aux forces de police.

M. Muchunga est le second porte-parole de la Renamo arrêté ces dix-huit derniers mois.

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