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05/07/2014 03:48 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Turquie : Erdogan lance sa campagne pour la présidentielle

Le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, candidat à l'élection présidentielle d'août, a lancé samedi sa campagne en promettant à ses partisans qu'il serait un chef d'Etat doté d'un pouvoir fort capable de faire prendre un "nouveau départ" à la Turquie.

"Nous faisons le premier pas vers un nouveau départ", a déclaré M. Erdogan devant une foule de partisans enthousiastes au cours de son premier meeting électoral à Samsun (nord).

M. Erdogan, qui a annoncé le 1er juillet sa candidature à la présidentielle, a été acclamé bruyamment par les partisans de son Parti de la justice et du développement (AKP) agitant des drapeaux turcs et des bannières du parti.

M. Erdogan a fait un choix symbolique en organisant à Samsun son premier meeting électoral car c'est dans ce port de la mer Noire que le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk a lancé la guerre d'indépendance de la Turquie contre les puissances étrangères en 1919.

"95 ans plus tard, nous lançons la campagne pour la présidentielle à Samsun, un nouveau pas pour une nouvelle Turquie", a dit le Premier ministre.

Le Premier ministre islamo-conservateur, auquel ses adversaires reprochent de vouloir imposer ses valeurs religieuses musulmanes au détriment du régime laïc du pays, reste l'homme politique le plus populaire et devrait remporter facilement le premier tour de la présidentielle le 10 août.

M. Erdogan a rappelé qu'il entendait renforcer les pouvoirs du président, qui sera élu en août pour la première fois au suffrage universel, alors que cette fonction, exercée par le président sortant Abdullah Gul, était jusque-là principalement protocolaire.

"Nous avons prouvé que nous étions au service du peuple", a encore assuré M. Erdogan assurant que le nouveau président exercerait pleinement ses pouvoirs, alors que sa volonté de les étendre a soulevé des inquiétudes dans le pays.

"Est-il possible d'être le chef de l'Etat et de rester assis à ne rien faire", s'est-il exclamé.

Considéré par ses partisans comme l'homme qui a assuré la stabilité dans le pays, M. Erdogan, 60 ans, a également dû faire face à un scandale de corruption touchant des proches du régime et à une forte contestation, marquée par des manifestations, ses adversaires lui reprochant son autoritarisme.

Dès samedi, l'opposition a appelé M. Erdogan à démissionner de son poste de Premier ministre afin de permettre aux autres candidats de faire compagne sans être désavantagés.

"A partir du moment où Erdogan a annoncé sa candidature, il devrait avoir l'élégance de démissionner de son poste de Premier ministre pour éviter une course à la présidence déloyale et le gaspillage des ressources publiques. Il y va du respect de la démocratie", a déclaré Devlet Bahceli, chef du Parti du mouvement nationaliste (MHP).

"Le Premier ministre qui mène sa campagne pour la présidentielle en organisant des cérémonies d'investiture virtuelles devrait s'en tenir à des rassemblements sur les places (publiques) en (respectant) l'égalité" avec ses rivaux, a-t-il dit.

Le principal rival de M. Erdogan devrait être le candidat de l'opposition Ekmeleddin Ihsanoglu, un intellectuel musulman qui n'a ni le charisme ni la combativité de M. Erdogan.

Accusant M. Erdogan d'avoir polarisé la vie politique en Turquie, il a critiqué sa conception du pouvoir, qui, selon lui, dresse les gens les uns contre les autres, et estimé qu'avec un tel profil, il ne devrait pas accéder à la tête de l'Etat.

fo/mr/sym