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05/07/2014 12:30 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Tour de France - Kittel premier maillot jaune, Cavendish KO

Le Yorkshire a fêté en grande pompe la première étape du Tour de France, samedi, et la victoire de l'Allemand Marcel Kittel dans un sprint fatal au champion du pays, Mark Cavendish.

Au moment où Kittel satisfaisait aux différentes obligations du vainqueur, Cavendish partait en ambulance vers l'hôpital. Pour passer des radiographies qui ont délivré un verdict plutôt rassurant par rapport aux craintes initiales et aux grimaces du champion du monde 2011, assis le long des barrières après sa chute.

"Cav" souffre d'une disjonction acromio-claviculaire (pas de fracture) de l'épaule droite, lui qui tenait tant, sans doute trop, à briller à Harrogate, la ville d'une partie de sa famille, et à enlever un 26e succès d'étape dans le Tour.

En mauvaise posture dans le sprint, le Britannique a tenté de passer en force au détriment de l'Australien Simon Gerrans. Le geste quasi-désespéré l'a entraîné au sol, tout comme le malheureux Gerrans et un autre coureur, le Français Julien Simon, qui n'a pu les éviter. Tous deux, endoloris, ne semblent souffrir que de blessures superficielles.

A l'avant, Kittel a conclu aisément le sprint pour signer sa cinquième victoire dans le Tour, un an après avoir gagné quatre étapes. "Il était trop fort pour moi. Il m'a battu d'un vélo !", s'est exclamé le Slovaque Peter Sagan, deuxième sur la ligne au terme des 190,5 kilomètres.

Le Lituanien Ramunas Navardauskas, troisième, et le Français Bryan Coquard, quatrième pour ses débuts à 22 ans dans le grand bain du Tour, ont terminé plus loin. Quant au Britannique Chris Froome, le vainqueur 2013, il a franchi la ligne en 6e position.

Le Tour a-t-il déjà connu un pareil succès pour sa première étape ?

De mémoire d'observateur, il faut sans doute remonter à 2007 et au Grand départ de Londres pour retrouver une foule aussi compacte sur le bord des routes. Les services de police ont établi à 230.000 le nombre de spectateurs présents à Leeds. Dans les petites côtes du Yorkshire, où le doyen du peloton, l'Allemand Jens Voigt (42 ans) a longtemps ouvert la course sous un ciel clément, le public s'est massé sur plusieurs rangs. A l'arrivée, un écran géant a rassemblé autour de lui une masse digne d'un concert de rock-stars.

Le Premier ministre David Cameron, en tenue décontractée, est resté dans les tribunes. La famille royale, en revanche, s'est prêtée au protocole du Tour. Le prince William et son épouse Kate Middleton ainsi que le prince Harry, ont donné le coup d'envoi de cette 101e édition. Ils ont assisté au passage de la course puis ont rejoint l'arrivée où Kate, toute vêtue de vert pour l'occasion, a remis le maillot jaune à Kittel, l'un des play-boys du peloton à la plastique avantageuse (1,88 m pour 82 kg).

Le sprint était-il joué d'avance ?

L'équipe Omega Pharma de Cavendish, privée de l'Italien Alessandro Petacchi (attardé à près d'un quart d'heure) a pris les commandes du peloton à l'approche des 4 derniers kilomètres. Mais elle a été débordée dans un final qui a été anticipé par le Suisse Fabian Cancellara sous la flamme rouge du toboggan d'arrivée.

"On a pu conduire le sprint comme on voulait", a estimé Kittel. L'Allemand s'est plu à souligner le travail de son équipe, qui a mené la poursuite sans signe d'affolement derrière Cancellara. Le Suisse ("il faut essayer si l'on veut réussir") a buté sur le faux-plat montant vers la ligne et Kittel, lancé dans les meilleures conditions, a imposé sa puissance supérieure.

"Je m'attendais à un sprint beaucoup plus nerveux", a reconnu celui qui avait "écrasé" les deux premiers sprints du Giro (avant d'abandonner précocement) et surtout celui de Dublin. Ce jour-là, le pic de puissance de Kittel avait été estimé à 1700-1800 watts. Ce qui revenait, selon les médias italiens, à soulever un poids de 200 kilos à chaque coup de pédale.

Pour le géant de l'équipe Giant, le prochain rendez-vous est d'ores et déjà fixé à lundi, sur le Mall de Londres, face aux fenêtres de la résidence royale de Buckingham Palace. Car la deuxième étape, entre York et Sheffield, comporte trop de côtes pour qu'il puisse espérer garder le maillot jaune. "C'est déjà une journée de bonheur", a coupé court Kittel, le visage barré d'un grand sourire. "Je tiens à profiter de chaque seconde".

jm/dac