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05/07/2014 01:21 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Tour de France - Giant, le sprint tout-terrain

Le premier "train" a été le bon samedi pour Marcel Kittel et sa formation Giant, qui mise aussi dans le Tour de France sur un deuxième "train", au service de John Degenkolb, pour s'imposer dans les sprints plus sélectifs.

L'an dernier, l'équipe Giant -qui courait sous le nom d'Argos- avait remporté quatre victoires sur le Tour avec le seul Kittel, dont le "train" avait permis de dominer ses rivaux André Greipel et Mark Cavendish.

Cette année, l'équipe néerlandaise a choisi de multiplier ses chances en installant deux dispositifs: le "train" habituel de "sprint pur" pour Marcel Kittel et une formation pour les "sprints de puissance" pour son cadet John Degenkolb, pépite de 25 ans capable de disputer les arrivées sur des parcours vallonnés face à des concurrents comme Peter Sagan.

"Beaucoup d'équipes n'ont qu'un plan: si c'est plat ou si c'est dur. Nous, on a nos chances dans les deux cas. On a plusieurs stratégies et on peut s'adapter", résume Roy Curvers, le capitaine de route au coeur des deux dispositifs.

Le train de Kittel est rodé a déjà fait ses preuves. "Ce train m'apporte un vrai confort, explique l'Allemand. C'est beaucoup de travail pour arriver à ce confort, à trouver les bons timings, prendre confiance les uns dans les autres. Maintenant, j'ai une totale confiance en mes équipiers. Parfois, je doute, je me demande: +Est-ce qu'on va pouvoir le faire ?+ mais je sais que mes équipiers vont me mettre en bonne position et ça me calme".

- Une dizaine d'occasions -

Dans ce train, les "contrôleurs" et les "positionneurs" s'assurent tout au long de l'étape du placement de l'équipe au sein du peloton. A 20 kilomètres de l'arrivée, tout est en place et le rythme s'accélère progressivement dans une course effrénée face aux "trains" des autres équipes de sprinteurs.

Dans les deux derniers kilomètres, le "pilote de vitesse" (de 1500 m à 1000 m de la ligne) Koen de Kort, puis le "pilote accélérateur" (de 1000 m à 500 m) qui n'est autre que Degenkolb, et enfin le puissant "lead-out man" Tom Veelers (de 500 m à 200 m) augmentent encore la cadence jusqu'à 50-60 km/h pour mettre sur orbite Kittel, lâché généralement à 200 mètres du but.

Sur les étapes avec plus de relief, le dispositif de "sprint de puissance" est moins figé. "Ce n'est pas un train complet au sens classique. Ca ressemble plus à une garde rapprochée de deux, trois gars, avec ceux qui restent, nuance le directeur sportif Christian Guiberteau. Il y a une sorte de sélection naturelle."

Théoriquement, Dries Devenyns, Albert Timmer, Tom Dumoulin, puis Koen de Kort s'écartent successivement pour laisser la voie à Degenkolb. "On a travaillé dessus depuis le début de l'année sur des courses comme Paris-Nice notamment" (où Degenkolb a gagné une étape, ndlr), explique Curvers, qui supervise les opérations.

Avec ces stratégies, Giant peut espérer disputer quasiment la moitié des arrivées du Tour 2014.

"Sur le papier, il y a cinq ou six sprints purs, deux étapes qui peuvent aller dans un sens ou dans l'autre et trois occasions de sprints de puissance", résume l'expérimenté Curvers (34 ans), qui choisit la stratégie finale selon le déroulement de la course et les sensations de leurs équipiers.

La première étape a été un succès, avec un nouveau maillot jaune inaugural pour Marcel Kittel et son "train", arrivé à l'heure à Harrogate.

sva/gca