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05/07/2014 04:21 EDT | Actualisé 03/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Les Argentins investissent Brasilia

Adversaires farouches des Brésiliens dans le football depuis un siècle, les Argentins ont pris d'assaut la capitale du Brésil dans l'espoir de voir leur équipe battre la Belgique samedi (16h00 GMT) pour se hisser en demi-finale.

Les parcs de Brasilia ont été aménagés avec douches, toilettes, eau potable et écrans géants pour accueillir les "hermanos" (frères) comme les Brésiliens appellent leurs voisins qui affluent par milliers.

"L'Argentine va arriver en finale et remportera la Coupe", fanfaronne Federico Brandolini, étudiant argentin de 23 ans, qui loge chez son ami brésilien Moroni Chaves, 21 ans.

Moroni, qui porte fièrement le maillot du Brésil, réplique du tac au tac: "Il s'imagine qu'ils vont aller en finale, mais l'Argentine ne passera pas la Belgique, et là c'est fini. Le Brésil sera champion".

Le calendrier pourrait en effet réserver une finale homérique Brésil-Argentine, le 13 juillet dans le mythique stade Maracana de Rio de Janeiro.

Mais il faudrait d'abord que le Brésil vienne à bout de l'Allemagne en demi-finale, sans son capitaine Thiago Silva suspendu et son attaquant vedette Neymar victime d'une fracture au dos. Quant à l'Argentine, elle devrait se débarrasser non seulement des redoutables Diables rouges, mais aussi battre en demi-finale le Costa Rica ou les impressionnants Pays-Bas de Robben.

- Pelé ou Maradona en N.1 ? -

"L'Argentine et le Brésil se considèrent chacun comme la meilleure représentation du football sud-américain, et cela génère une rivalité sportive énorme. Tous les Argentins veulent que le Brésil perde et tous les Brésiliens que l'Argentine perde", explique le professeur de relations internationales Raul Bernal-Mezza, de l'Université de Buenos Aires, qui a longtemps travaillé au Brésil.

Et l'un comme l'autre revendiquent avoir compté dans leurs rangs le "meilleur joueur de tous les temps": Pelé pour le Brésil, Maradona pour l'Argentine.

"Messi va nous ramener la Coupe, Maradona est plus grand que Pelé", scandent les supporters argentins dans les stades brésiliens depuis le début du Mondial.

Maintenant, ils s'entassent dans un campement que le gouvernement de Brasilia a organisé dans un parc d'exposition au nord de la ville pour accueillir les dizaines de milliers de supporters qui ne cessent d'affluer dans la capitale fédérale en autocars, caravanes et autres véhicules.

Le Brésil et l'Argentine se sont affrontés pour la première fois il y a 100 ans lors d'un match amical remporté par les Argentins, le 20 septembre 1914.

Une semaine plus tard, le Brésil avait remporté la Copa Roca, lors du premier match officiel entre les deux équipes.

La dernière fois qu'il se sont affrontés lors d'un Mondial, en 1990, l'Argentine avait éliminé le Brésil (1-0).

- Trophées: 5-2 Brésil -

Mais le Brésil peut se targuer d'être le seul pays à avoir remporté cinq fois la Coupe du monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002). L'Argentine n'a triomphé "que" deux fois (1978, 1986).

"Pour nous, une manière de surpasser le Brésil serait de gagner cette Coupe chez eux", affirme Nicolas Padilha, 29 ans, qui suit la sélection argentine à travers le Brésil.

Les Argentins suivent massivement leur sélection dans les villes du Mondial. A Rio de Janeiro et Porto Alegre, ils étaient quelque 90.000, à Sao Paulo, 70.000 et à Brasilia on en attend de 30.000 à 40.000 selon l'ambassade, 60.000 selon la police militaire.

Les autorités brésiliennes ont préparé un plan spécial de sécurité, avec quelque 3.500 policiers qui protégeront les abords du stade.

La surveillance maximum a été décrétée dans les aéroports pour empêcher l'entrée de supporteurs violents.

"Les Brésiliens nous ont ouvert les portes et ils nous ont aidés partout pour l'hébergement", se félicite Elias Sarouf en préparant un barbecue devant son vieux car transformé en maison.

"La rivalité, c'est sur le terrain. Les Argentins sont très aimables et nous autres Brésiliens nous adorons aller à Buenos Aires et nous sommes bien accueillis là-bas", dit Helena, une professeure de Brasilia.

Brésiliens et Argentins ont le même rêve à Brasilia: "Nous voulons tous aller au Maracana" pour la finale du Mondial.

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