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05/07/2014 08:51 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Brésil: Pour le 6e titre, il faut se battre sans Neymar

"C'est un motif de plus pour nous battre, et si Dieu le veut, nous serons champions", a résumé Hulk en apprenant le forfait de la star Neymar pour le reste du Mondial après sa fracture d'une vertèbre contre la Colombie, battue 2-1.

Privé de leur meilleur joueur auteur de quatre buts, les Brésiliens n'en n'ont pas moins la mission d'aller conquérir le sixième titre réclamé par 200 millions de Brésiliens. Le talent de Neymar, là ou pas...

Ce sera dur, car plus loin que son influence énorme sur le jeu, ses buts et ses passes, il y a aussi une Neymar dépendance mentale ou psychologique. Le Brésil perd un joueur dont se méfiait l'adversaire et qui donnait confiance à ses partenaires. Sur tous les plans du jeu à la psychologie, la perte de Neymar est incalculable.

- Le cas Amarildo -

Mais, Thiago Silva veut en faire une force: "C'est dur de perdre un de nos joueurs les plus importants (...) Mais, ça peut unir encore plus le groupe. Ca peut être une révolution. On va gagner le Coupe du monde pour lui".

Sur le plan tactique, le sélectionneur Luiz Felipe Scolari a différentes options mais il peut puiser dans le Mondial-1962, des motifs d'espérer. Le Brésil avait alors perdu dès le deuxième match un certain Pelé, alors âgé de 21 ans, à quelques mois près l'âge de Neymar aujourd'hui. Le remplaçant s'appelait Amarildo et il avait réalisé une Coupe du monde éblouissante avec trois buts. Il est vrai qu'il avait à ses côtés Garrincha ou Vava mais il avait su faire oublier Pelé.

Sur le plan technique, si Oscar ou Hulk peuvent peut-être émerger en absence de Neymar, il parait difficile de trouver un joueur aussi talentueux que le lutin du Barça et c'est plutôt dans le registre de la force mentale et de l'abnégation que le Brésil doit puiser pour essayer de battre l'Allemagne. C'est un "Amarildo collectif" que le Brésil doit former. Avec le soutien des supporteurs, le onze brésilien peut réussir une union sacrée pour remporter "les deux marches qui restent" selon l'expression de Luiz Felipe Scolari.

Au football, rien n'est impossible et si le Brésil a perdu son atout majeur et parait moins bien armé, il dispose d'un effectif qui est loin d'être ridicule avec de nombreux joueurs évoluant ou ayant évolué dans des grands clubs. Il peut s'appuyer sur son excellente défense pour ensuite s'en remettre à des coups de griffe d'Oscar ou de Hulk ou à des coups de pieds arrêtés.

Contre la Colombie, les joueurs ont réalisé leur meilleur match du tournoi, semblant enfin libérés de la peur qui les avait paralysés contre le Chili. La perte de Neymar leur enlève de la pression et peut leur donner le petit supplément d'âme nécessaire. "Nous devons continuer à devenir plus forts et aller chercher ce titre que nous dédierons à Neymar", estime Fernandinho. Les Allemands savent que la Seleçao joue bien collectivement. Ils savent que c'est une perte pour nous, mais ils doivent nous respecter", souligne Oscar.

Le Brésil doit sans doute revoir ses standards de jeu à la baisse pour proposer "larmes, labeur et sueur" face à une Allemagne qui se pose comme une des grandes favorites du tournoi grâce justement à un jeu collectif qui ne dépend pas d'un joueur vedette.

pgf/dhe