NOUVELLES
05/07/2014 08:36 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Les partisans d'Eugenie Bouchard demeurent optimistes malgré la défaite

MONTRÉAL - Des amateurs de tennis de la ville où tout a commencé pour Eugenie Bouchard n'étaient pas découragés après la cinglante défaite dont a été victime la jeune prodige montréalaise samedi lors de la finale du simple féminin des Internationaux de tennis de Wimbledon.

Une dizaine d'enfants, raquette dans les mains, faisaient partie du groupe de lève-tôt qui s'est rassemblé au stade Uniprix, où l'athlète de 20 ans a peaufiné son jeu au fil des ans.

Mais les manifestations de joie ont été très rares, sinon totalement absentes, alors que la Tchèque Petra Kvitova a facilement vaincu Bouchard, 6-3, 6-0.

Malgré tout, les partisans de Bouchard sont convaincus que cette dernière aura une autre chance de mettre la main sur un titre du Grand Chelem et ce, dans un avenir rapproché.

«Je m'attendais peut-être à un match un peu plus serré. Je constate que les émotions ont pris le dessus, a constaté Hélène Guédéhoussou. C'est un très gros moment pour Eugenie, c'est un rêve d'enfance qu'elle réalisait. La pression s'est manifestée pour cette finale, mais à l'avenir, je suis sûre qu'elle sera capable de bien gérer sa pression dans les autres grands moments. Je demeure très fière d'elle.»

Le revers de Bouchard ne l'a pas empêchée d'inscrire son nom dans les annales du tennis canadien, puisqu'elle est devenue la première athlète issue du pays à atteindre la finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis que les joueurs professionnels y ont été admis, en 1968.

L'année 2014 aura permis à l'athlète originaire de Westmount de se hisser au firmament du tennis féminin. Elle est la seule joueuse à avoir atteint les demi-finales de chacun des trois premiers tournois du Grand Chelem, et sa participation à la finale de Wimbledon, samedi, lui a permis de grimper au septième rang du classement de la WTA. Lors des Internationaux d'Australie, en janvier, Bouchard était la 30e tête de série.

Pour Alexia Dorais, qui n'est âgée que de 11 ans, le fait d'être témoin des succès de Bouchard la motive à pratiquer le tennis davantage.

«Je veux vraiment continuer, a déclaré la jeune fille, qui joue déjà plusieurs fois par semaine. Je sais qu'elle a aussi commencé à un jeune âge, et je pense qu'un jour, je peux être comme elle.»

Alexia Dorais n'est pas la seule jeune Canadienne à s'adonner au tennis. À Westmount, les inscriptions sont à la hausse cette année, et tout particulièrement parmi les jeunes filles.

Le maire de Westmount, Peter Trent, a confié que ses concitoyens sont «absolument emballés».

«Tous les yeux de Westmount sont tournés vers elle», a déclaré M. Trent, lui-même très impressionné par les exploits de Bouchard.

À travers le pays, Tennis Canada a observé une croissance de la participation de trois à cinq pour cent lors des récentes années.

Valérie Tétreault, une ancienne joueuse professionnelle maintenant à l'emploi de Tennis Canada, est d'avis que les performances de Bouchard et de l'Ontarien Milos Raonic, du côté masculin, changent la perception du tennis canadien.

«Je pense que ça va motiver les jeunes à prendre des raquettes et jouer au tennis. Et c'est de cette façon que nous allons développer encore plus de champions au cours des prochaines années», a-t-elle noté.

Tétreault affirme ne pas être surprise des succès de Bouchard — bien qu'ils soient arrivés plus rapidement qu'anticipé.

Lorsqu'elle l'a vue il y a dix ans dans un centre de tennis de l'Île des Soeurs, Tétreault a tout de suite remarqué que Bouchard avait quelque chose de spécial.

«Je m'entraînais à cet endroit à l'époque et lorsque je l'ai vue, elle avait 9 ou 10 ans et déjà, vous ne pouviez faire autrement que de la remarquer, parce qu'elle avait beaucoup de talent et parce qu'elle était très concentrée sur le court.»

Bouchard doit revenir à Montréal et à son ancien site d'entraînement du stade Uniprix dans le cadre de la Coupe Rogers, qui se tiendra du 1er au 10 août.