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05/07/2014 07:10 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

Le Festival d'Avignon tente un nouveau départ, malgré la contestation des artistes

Après une ouverture ratée en raison d'une grève de soutien au mouvement des artistes et techniciens, le Festival d'Avignon tente samedi de repartir du bon pied avec quatre premières programmées dans la soirée, dont la mythique pièce le "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur.

Le Festival d'Avignon est la manifestation culturelle la plus emblématique de l'été en France et draine chaque année des dizaines de milliers de visiteurs français et étrangers. La 68e édition intervient sur fond de mouvement de contestation des "intermittents", du nom du régime spécial des artistes et techniciens. Les grévistes s'opposent à la nouvelle convention d'assurance chômage qui durcit leurs conditions d'indemnisation.

Vendredi soir, en lieu et place de la première représentation du "Prince de Hombourg" qui a fait les frais de la grève, les rares badauds ont pu voir une projection militante sur l'immense façade du palais papal, en soutien aux artistes et techniciens. Des slogans en lettre blanche se détachaient sur fond rouge: "pas de fausses promesses", "indignons-nous", ou "ce que nous défendons, nous le défendons pour tous".

Le personnel du festival a fait savoir vendredi qu'aucune autre grève n'était prévue à ce stade. Et le véritable coup d'envoi du festival devait intervenir samedi avec le démarrage du "Off", rassemblement de 1.083 troupes de théâtre, dont l'immense majorité était bien décidée à jouer.

"Je voudrais que le public sache que le festival Off va tenter de jouer par tous les moyens", a déclaré vendredi soir Greg Germain, président de l'association qui l'organise. "On ne peut pas tirer un trait sur un an d'investissement artistique, humain et financier", a-t-il ajouté.

Le collectif représentant les techniciens et artistes du "In" avait répondu à l'appel "massif" à la grève lancé pour l'ouverture d'Avignon.

Mais le spectre de l'annulation totale de ce prestigieux festival s'est toutefois éloigné après que 80% du personnel a voté mardi contre une grève frappant l'ensemble des représentations.

Toutefois, sur le terrain, des éléments radicaux de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) espèrent encore convaincre les équipes des spectacles de se mettre en grève.

Les divisions au sein du mouvement se creusent depuis plusieurs jours. Le collectif du personnel du festival s'est désolidarisé de certaines actions comme l'irruption de militants pendant une répétition du "Prince de Hombourg" mercredi soir, ou encore le vol de denrées dans un supermarché pour une manifestation "avec caddies", censée symboliser la précarité.

Vendredi, Olivier Py, dont c'est la première année à la tête du festival, s'est déclaré respectueux du droit de grève, mais a rappelé que "le combat des intermittents doit rester dans un cadre légal".

La Coordination a appelé à une grève le 7 juillet, et le syndicat CGT Spectacle le 12. L'incertitude continue donc de planer sur la suite du plus prestigieux des festivals français.

- Ambiance morose -

Eberlués, des touristes australiens cherchaient vainement vendredi la signification des nombreuses banderoles placardées sur la place historique d'Avignon. Selon l'office du tourisme, le niveau des réservations n'a pas pâti des perturbations.

Les gérants d'un hôtel de charme du centre ville craignaient toutefois leur impact sur la clientèle étrangère. "Nous avons déjà eu la grève de 10 jours de la SNCF (chemins de fer français), et une saison médiocre à cause de la crise", déploraient-ils.

En 2003, le durcissement du régime des intermittents avait entrainé l'annulation des festivals d'Avignon et d'Aix-en-Provence.

A Aix-en-Provence, la première de l'opéra de Rossini "Il Turco in Italia" a également été annulée vendredi soir, soit un coût minimum de 150.000 euros, selon le directeur du festival d'art lyrique Bernard Foccroulle. A Avignon, l'annulation des deux spectacles d'ouverture se chiffre à quelque 29.000 euros, rien qu'en billetterie, selon Olivier Py.

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